Madagascar: Les parents des enfants intoxiqués à Ambohimalaza interpellent les autorités

À Madagascar, les autorités ne lèvent pas le flou qui entoure le drame d'Ambohimalaza. C'est dans cette commune près d'Antananarivo qu'une fête d'anniversaire a conduit à la mort d'au moins 27 personnes, toutes après avoir consommé de la nourriture suspecte lors de la soirée. Près de quatre semaines après les faits, malgré la réception annoncée d'analyses toxicologiques très attendues par la population, le gouvernement n'a pas apporté les clarifications espérées.

Selon une vidéo du ministère de la Justice diffusée le 9 juillet, les prélèvements étudiés par un laboratoire français confirment la présence d'une « substance inhabituelle » pour des aliments, dit-il.

Sans nommer le type de poison identifié, les autorités, à travers le directeur général de la fourniture des soins au ministère de la Santé, ont de nouveau insisté sur l'absence de toute origine sanitaire au drame. Au lendemain de l'affaire, déjà, elles avaient soutenu la thèse d'un empoisonnement criminel, avant d'avoir initié des analyses toxicologiques et à la seule lumière d'un test réalisé sur des souris.

Depuis, des prélèvements de sang et d'aliments issus de l'estomac des victimes ont été étudiés en France par un service dédié.

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14 personnes encore hospitalisées

Si les résultats sont entre les mains des autorités, pourquoi ne pas donner le nom de la substance responsable ? La question tourne en boucle chez Miora, dont le prénom a été modifié. La jeune fille a perdu en l'espace de quelques jours trois de ses proches dans cette affaire. Les circonstances rendent son deuil impossible. « Ça va faire quatre semaines. On attend des nouvelles venant du gouvernement, mais à chaque fois, il nous donne des nouvelles insuffisantes. Et là, ils sont en train de nous faire tourner en rond. Tout le monde panique et veut rendre justice à sa famille. On veut que toutes les âmes de ceux qui ont perdu la vie reposent vraiment en paix parce que là, ça n'est pas du tout le cas », déplore-t-elle.

Au sein de l'hôpital public de la capitale, 14 personnes sont encore hospitalisées. Un climat d'autocensure règne parmi le personnel soignant, qui n'a pas les moyens techniques et matériels pour infirmer ou confirmer la thèse criminelle avancée par les autorités. Quelques jours après l'affaire, à la lumière du seul diagnostic clinique à leur disposition, plusieurs sources médicales avaient confié à RFI observer chez toutes les victimes des symptômes nettement évocateurs du botulisme : une vision double, une difficulté à parler et une détresse respiratoire aiguë. La toxine responsable de cette maladie se développe à cause de la mauvaise conservation des aliments et est favorisée en cas de chaîne du froid. Leur version a donc été balayée par les autorités.

Sollicité par RFI lundi sur les conclusions détaillées des analyses toxicologiques en cours, le ministre de la Santé a déclaré ne pas vouloir « interférer dans une affaire de justice ». Dans le cadre de l'enquête en cours, trois femmes se trouvent en détention préventive à la prison d'Antanimora.

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