Sénégal: Ziguinchor secoué par trois meurtres - La police en état d'alerte

10 Juillet 2025

Trois meurtres en l'espace de deux mois, un suicide, un accident mortel. La commune de Ziguinchor traverse une période troublée. Face à cette montée inquiétante de la violence, les autorités policières intensifient les patrouilles et misent sur une stratégie de proximité pour apaiser les tensions.

La capitale sud du pays est sous tension. En l'espace de quelques semaines, Ziguinchor a été le théâtre de trois affaires de meurtre qui ont choqué la population par leur brutalité mais, aussi leur origine souvent triviale. Tous ces crimes, selon la police, ont éclaté à la suite de simples altercations. Le commissaire central Thiam, en charge de la sécurité publique, a confirmé que les trois homicides recensés récemment ne sont pas liés à des actes de banditisme ou de vol, mais bien à des conflits interpersonnels ayant dégénéré. Le premier drame, survenu fin mai, a mis en scène une querelle familiale au cours de laquelle une jeune fille a poignardé son frère. Pourtant, tout est parti d'une banale dispute autour du gaspillage d'eau. Dans le second cas, ce sont deux soeurs jumelles qui se sont violemment affrontées, avec une issue mortelle.

Enfin, le troisième meurtre est survenu à la suite d'une rixe entre des jeunes des quartiers Belfort et Santhiaba. D'ailleurs, dit-on, c'est une bande d'amis qui se fréquentent tout le temps. À chaque fois, les auteurs ont été interpellés et déférés au parquet, certifie l'officier de police. Dans cette même période, un cas de suicide a été enregistré dans la commune de Ziguinchor. Un jeune homme s'est donné la mort par pendaison, non loin des berges du fleuve Casamance. «Les médecins légistes ont confirmé qu'il s'agissait bien d'un suicide», a précisé le commissaire Thiam. Par ailleurs, un accident mortel impliquant un jeune conducteur de tricycle sans permis a coûté la vie à un piéton, renforçant le climat de tristesse et d'inquiétude dans la capitale régionale du Sud.

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Face à cette série noire, la police urbaine de Ziguinchor a décidé de frapper fort. Au lendemain de la fête de la Tabaski, une vaste opération de sécurisation a été lancée, sous la supervision du commandant du corps urbain, Macoumba Ndiaye, et sur instruction du commissaire Thiam. Patrouilles nocturnes intensifiées, contrôles routiers renforcés, descentes ciblées dans les zones à risque etc. Tous les moyens sont mis en oeuvre pour restaurer l'ordre. Cependant, la réponse sécuritaire ne se limite pas aux actions musclées. Le commissaire central mise aussi sur la sensibilisation et la proximité avec les populations. Il multiplie les rencontres dans les quartiers, échange avec les responsables de comités de veille et met l'accent sur l'écoute des doléances citoyennes. Objectif : désamorcer les tensions en amont et rétablir un climat de confiance. Dans une ville encore marquée par les stigmates d'un passé conflictuel, cette recrudescence de violences interpelle. Les forces de l'ordre sont déterminées à agir pour éviter que Ziguinchor ne bascule davantage dans la violence.

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