Congo-Kinshasa: La solidarité s'organise autour des déplacés de Beni au pays

11 Juillet 2025

Plus de 100.000 déplacés de guerre vivent à Beni dans des conditions précaires. Des jeunes volontaires ont récolté des fonds pour leur venir en aide.

Dans l'est de la République démocratique du Congo, de nombreux déplacés internes ayant fui l'avancée du M23 à Goma, ou dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Lubero, ont trouvé refuge dans la ville de Beni, située au nord de Goma.

Un groupe de jeunes volontaires de la ville a mis en place une solidarité locale pour leur venir en aide. Ils ont récolté des fonds pour aider les déplacés internes à mettre sur pied des petits commerces pour gagner de quoi vivre.

Jolie Ilunga tient dans ses bras plusieurs billets des francs congolais qu'elle vient de recevoir. Elle fait partie des nombreuses familles de déplacés qui dorment dehors, en pleine ville.

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Ravie par cette action caritative des jeunes de Beni, Jolie Ilunga va pouvoir utiliser cette aide pour entreprendre une petite activité.

"On vient de nous donner de l'argent, je suis très contente, très contente ! C'était difficile pour moi de trouver un petit capital de démarrage pour une activité génératrice d revenus. Merci chers jeunes, merci d'avoir soulagé notre souffrance. On vivait ici sans assistance, comme si nous étions jetés dans la rue", dit Jolie.

Comme Jolie Ilunga, de nombreux déplacés internes sont obligés de quémander de la nourriture pour survivre dans la ville. 3.000 d'entre eux, en majorité des femmes, ont ainsi reçu chacun 50.000 francs congolais pour démarrer une activité.

Pour des déplacés autonomes

Pour les jeunes qui ont collecté cet argent, l'objectif est d'offrir la chance aux déplacés d'ouvrir un petit commerce et de devenir financièrement autonomes.

"La plupart des gens donnent de la nourriture, des vivres aux déplacés, or, on ne peut pas nourrir un déplacé pendant une année, pendant deux ans. Voilà pourquoi nous avons choisi de donner un petit capital pour voir comment les intégrer dans notre vie sociale. Nous nous attendons à voir des femmes capables, des mamans capables qui vont oublier qu'elles étaient venus ici comme des déplacées et qui deviendront des acteurs économiques de ce pays", estime un jeune initiateur de ce mouvement de solidarité.

L'espoir renaît

Parmi les bénéficiaires se trouvent également des veuves, dont les maris, militaires, ont été tués lors des combats contre la rébellion du M23.

"Je vais me lancer dans la commercialisation des mangues dans la ville. Le bénéfice me permettra de trouver à manger pour mes enfants et peut être des médicaments. Je vais vraiment faire fructifier cet argent, c'est essentiel pour ma survie ici à Beni. Mon mari m'a laissé seule avec trois enfants. Je manquais de repère pour vivre, heureusement que ces jeunes viennent nous redonner de l'espoir", explique Esther Lupasa qui a perdu son mari lors de la chute de Goma et qui vit désormais à Beni avec ses trois enfants.

Ces jeunes de Beni veulent ainsi adresser un message au monde : il faut prendre conscience qu'il y a des gens qui ont tout perdu à cause de la guerre.

Le service chargé des affaires humanitaires de la ville peine, pour sa part, à trouver de l'aide pour nourrir les milliers de familles poussées à l'exil.

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