À Madagascar, suite au drame d'Ambohimalaza, ce drame qui conduit à la mort d'au moins 27 personnes après la consommation de nourriture suspecte lors d'une fête d'anniversaire près d'Antananarivo, une source médicale française affirme à RFI que des analyses réalisées à l'institut de médecine légale de Strasbourg à partir des prélèvements d'un patient décédé n'ont pas permis d'établir la cause des décès. Contrairement à ce qu'ont affirmé les autorités malgaches mercredi 9 juillet, elles n'ont pas permis non plus d'écarter le botulisme, l'une des pistes suspectée d'un point de vue clinique comme étant à l'origine des décès.
Les résultats issus de l'institut de médecine légale de Strasbourg sont « discordants » affirme à RFI une source médicale française, c'est-à-dire qu'ils ne permettent pas, à ce stade, d'établir la cause du décès de la victime analysée. Sollicité, le laboratoire n'a pas répondu à notre demande de confirmation officielle.
Selon nos informations, il a bien été choisi par les autorités malgaches pour analyser les prélèvements de l'une des victimes du drame d'Ambohimalaza. Or, l'institut de médecine légale de Strasbourg n'a pas la capacité de détecter la toxine botulique, responsable du botulisme. Ses résultats ne permettent donc pas d'exclure la maladie comme cause possible des décès, contrairement à ce qu'a avancé mercredi 9 juillet le ministère de la Justice de Madagascar.
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Une vision double, une paralysie et une détresse respiratoire aiguë ... Pour rappel, des sources médicales malgaches en charge des victimes rapportent des symptômes nettement évocateurs de cette maladie dont la puissante toxine se développe en cas de mauvaise conservation des aliments. En France, compte tenu de sa gravité, tout cas de botulisme doit être obligatoirement déclaré aux autorités sanitaires. Pour détecter sa présence, le laboratoire référent en la matière est l'institut Pasteur à Paris.
Mercredi, dans une vidéo présentée comme un compte-rendu d'analyses faites en France, les autorités avaient évoqué la présence d' « une substance inhabituelle pour des aliments » sans toutefois en préciser la nature. Le gouvernement malgache n'a pas précisé si d'autres échantillons ont été envoyés à des instituts compétents.