Au Kenya, après les violences meurtrières du 7 juillet, l'heure est au deuil. Le pays pleure les 38 personnes tuées lors des manifestations, selon la Commission nationale des droits humains. Pas de nouveaux rassemblements annoncés pour l'instant, mais la Commission appelle à la justice pour les familles endeuillées.
Le vice-président de la Commission nationale des droits humains, Raymond Nyeris, interrogé par Christina Okello du service Afrique, dénonce une violence inacceptable des forces de l'ordre au Kenya : « Nous avons perdu 38 vies. La majorité de ces décès ont eu lieu à Nairobi et dans les environs, principalement à cause de tirs à bout portant ou de traumatismes causés par des coups portés avec des objets contondants, utilisés par la police. D'abord, je tiens à condamner la brutalité dont ont été victimes ces manifestants pacifiques et non armés - c'est quelque chose d'horrible. Les policiers sont censés agir avec professionnalisme, et le recours à la force ne doit être qu'un dernier recours. »
Raymond Nyeris s'offusque aussi des déclarations du gouvernement sur les tirs : « La Commission s'inquiète également de l'appel à tirer sur des parties du corps par les membres du gouvernement : c'est contraire à la Constitution. Personne n'a le droit de donner un ordre de "tirer pour tuer". Nous appelons le président - et tout autre responsable - à revenir sur de telles déclarations. Nous avons aussi entendu le ministre de l'Intérieur tenir ce type de propos. C'est inacceptable, et les Kényans sont profondément choqués. »
« Nous encourageons les familles à collaborer avec les institutions indépendantes »
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Toutefois, Raymond Nyeris, se veut rassurant sur le fait que les prochaines manifestations pourront être pacifiques. « Les manifestations étaient organisées pour commémorer la journée du Saba Saba, et porter les revendications de la génération Z. À l'avenir, je ne pense pas que nous verrons à nouveau des mobilisations d'une telle ampleur. Mais si cela devait arriver, j'espère qu'elles resteront pacifiques, et que les Kényans exerceront leurs droits dans le respect de la loi. »
Le vice-président de l'organisation demande aussi un vrai soutien aux victimes de la part des autorités : « En tant que Commission, nous présentons nos condoléances aux familles endeuillées, et leur assurons notre soutien durant les autopsies. Nous les encourageons à collaborer avec les institutions indépendantes - comme l'IPOA, la commission de contrôle de la police - ainsi qu'avec d'autres organismes impliqués. Nous appelons également la police à coopérer, à fournir l'aide nécessaire pour que les autopsies se déroulent dans le respect de la loi, avec l'implication de toutes les parties concernées. Nous continuons à suivre la situation de près, et fournirons d'autres mises à jour si nécessaire. À ce jour, le bilan reste de 38 morts, mais ce chiffre pourrait évoluer. »