En Sierra Leone, la nouvelle loi sur les droits de l'enfant divise. Le texte voté, début juillet, par le Parlement n'interdit pas explicitement les mutilations génitales féminines chez les mineures, une omission grave, selon la Commission nationale des droits humains.
L'affaire embarrasse le président Julius Maada Bio, qui vient de prendre la tête de la Cédéao. Le 8 juillet, la Cour de justice de l'organisation a condamné la Sierra Leone pour ne pas avoir protégé une victime de mutilations.
Joint par RFI, Victor Idrissa Lansana, vice-président de la Commission des droits de l'homme de la Sierra Leone, appelle le chef de l'État à refuser de promulguer la loi. « Ce qui nous inquiète dans cette nouvelle loi, c'est qu'elle n'aborde pas explicitement la question des mutilations génitales féminines pratiquées sur les enfants. La mutilation, c'est une coupure. Cela cause de la douleur, des blessures graves, parfois irréversibles. »
« Le texte parle bien d'interdire les traitements inhumains ou dégradants, mais il ne cite jamais clairement le terme de mutilation génitale féminine. Selon nous, les députés ont manqué de courage. Ils ont voulu rester vagues, par peur de froisser des sensibilités culturelles. »
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« C'est pourquoi nous demandons au président de ne pas promulguer cette loi. Qu'elle soit renvoyée au Parlement, avec un article qui interdit explicitement cette pratique sur les mineures. Et maintenant que le président Maada Bio prend la tête de la Cédéao, alors même que la Cour de justice de la Cédéao vient de condamner la Sierra Leone pour n'avoir pas protégé une victime, il a l'occasion d'agir. C'est le moment de réparer une injustice historique contre les enfants de ce pays », a déclaré Victor Idrissa Lansana, vice-président de la Commission des droits de l'homme de la Sierra Leone.
Chaque année, 40 000 adolescentes subissent des mutilations génitales féminines (MGF) en Sierra Leone dont la moitié, avant 15 ans. Selon un rapport de l'Unicef de mars 2024, 83 % des Sierra-Léonaises sont mutilées.