Bénin: Le journaliste béninois Comlan Sossoukpè détenu à Cotonou après avoir été extradé de Côte d'Ivoire

Le journaliste béninois Comlan Sossoukpè est actuellement en détention provisoire à Cotonou. Cette procédure intervient dans le cadre de l'exécution d'un mandat d'arrêt émis par la commission d'instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) du Bénin. Réfugié au Togo depuis 2019, le directeur du média en ligne Olofofo est l'une des voix critiques du président Patrice Talon. Les conditions de son retour à Cotonou vendredi 11 juillet sont encore floues. Il se trouvait encore à Abidjan la veille.

Il devait couvrir la première édition de l'Ivoire Tech Forum. Comlan Sossoukpè y a été convié par le ministère ivoirien de la Transition numérique, dans une lettre datée du 3 juillet, authentifiée par RFI.

Le directeur d'Olofofo arrive donc de Lomé le matin du 8 juillet, avant de poser ses valises dans un hôtel de Cocody. Dès le lendemain, le journaliste écrit ses premiers articles sur l'Ivoire Tech Forum. En fin d'après-midi, le 10 juillet, Comlan Sossoukpè fait un dernier post sur Facebook. Depuis, ses proches aussi bien à Cotonou qu'à Abidjan n'ont plus de nouvelles. Selon les réceptionnistes de son hôtel, sa chambre a été libérée sans check out, trois jours avant la fin prévue de son séjour le 13 juillet.

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D'après les informations de RFI à Cotonou, le webactiviste aurait été remis aux autorités béninoises dans des circonstances encore à élucider. Contacté par RFI, le ministère ivoirien de l'Intérieur n'a pas donné suite à nos sollicitations.

En mars 2025, la Haute autorité béninoise de l'audiovisuel et de la communication a interdit Olofofo de publication - le média en ligne n'est plus accessible au Bénin. En août 2024, un autre cyberactiviste béninois, Steve Amoussou, avait été arrêté au Togo avant d'être ramené au Bénin. Critique du pouvoir de Patrice Talon, celui que l'on appelle Frère Hounvi a été condamné par la Criet à deux ans de prison ferme en juin 2025 pour cyberharcèlement, incitation à la rébellion, diffusion de fausses nouvelles et injures contre un groupe politique.

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