Afrique: Saloum savoure, Björkegren s'interroge

À Berkane vendredi soir, le Mali et le Ghana se sont quittés dos à dos, 1-1, dans un derby ouest-africain qui a tenu ses promesses. Un point précieux pour les Aigles Dames, une frustration de plus pour les Black Queens. Le technicien malien Mohamed Saloum "Housseï" en sort rasséréné, là où son homologue norvégien, Nora Häuptle en 2022, Björkegren en 2025, doit encore faire des comptes.

Une frappe cadrée, un but : l'art de la simplicité

Le Mali n'a pas besoin de multiplier les occasions pour exister. À l'image de leur match contre le Ghana, les joueuses de Mohamed Saloum ont fait preuve d'un réalisme chirurgical : une frappe cadrée, une égalisation signée Aïssata Traoré, et un point glané dans la douleur. Avec quatre unités en deux journées, les Maliennes poursuivent leur parcours dans le Groupe C avec rigueur et constance.

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Sans bruit ni effet d'annonce, Saloum avance. Match après match, le sélectionneur instille une discipline et une solidarité qui plaisent au public marocain comme aux supporters restés à Bamako ou dispersés dans la diaspora. "Le début du match a été difficile pour nous. Les Ghanéennes nous ont mis en difficulté. Mais à la mi-temps, j'ai motivé les filles. Je leur ai dit que c'était une opportunité à saisir. Elles étaient nerveuses, on a dû les remettre dans le match. Et elles ont compris. Ce sont de vraies combattantes", a-t-il confié après la rencontre.

Des repères, de l'envie et un objectif : revivre 2018, ou mieux

Demi-finaliste lors de la CAN 2018, déjà contre le Ghana (2-1), Mohamed Saloum conserve son invincibilité face aux Black Queens. Le Mali a désormais marqué lors de ses sept derniers matches de phase de groupes en Coupe d'Afrique, une série record pour la sélection. Et ce vendredi marquait par ailleurs la 25e apparition des Aigles Dames dans la compétition : un cap honoré avec panache.

"La tactique et la technique, ça compte. Mais à un moment, il faut parler au coeur des joueuses. On représente le Mali. Ce n'est pas acceptable de quitter le terrain en laissant les Maliens tristes. On veut les rendre fiers. C'est notre seul objectif", a poursuivi Saloum, fidèle à son style direct.

Ghana : domination stérile et doutes persistants

Si le Ghana domine dans les chiffres, cela ne se reflète toujours pas au tableau d'affichage. Avec un seul point en deux matches, les Black Queens pointent à la dernière place du groupe avant l'ultime journée. Le match nul face au Mali, malgré 58 % de possession, 18 tirs (dont 3 cadrés) et une estimation de 2,6 buts attendus contre 0,6 pour l'adversaire, laisse un goût amer.

"On a bien analysé ce match. Sur dix rencontres jouées comme celle-ci, on en gagne neuf. Aujourd'hui, on repart avec un point. Mais on est encore dans le tournoi", a tenté de positiver le sélectionneur Nora Björkegren. "Il faut simplement gagner le dernier match face à la Tanzanie. Si on joue comme aujourd'hui, on peut aller en quarts."

Mais les statistiques ne suffisent plus à masquer l'essentiel : le Ghana ne gagne plus. Les Black Queens restent sur quatre matches sans victoire en WAFCON (deux défaites, deux nuls), et n'ont plus remporté leur deuxième match de poule depuis cinq éditions (2008, 2010, 2014, 2018 et maintenant 2025).

Une dernière chance face à la Tanzanie

La confrontation face aux Tanzaniennes, elles aussi à un point, aura des allures de barrage pour les quarts de finale. Un faux pas, et la sortie de route serait actée pour le Ghana, de retour dans la compétition continentale après une absence en 2022. Une élimination prématurée qui viendrait sanctionner une génération en transition, encore à la recherche de repères collectifs.

Björkegren, optimiste, s'accroche aux données : "On a eu beaucoup de bons mouvements, on a dominé techniquement. Je ne pense pas qu'il faille paniquer." Mais dans un tournoi aussi court, où chaque point compte, les regrets s'accumulent vite.

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