Les technologies numériques pourraient générer des milliards de dollars de revenus pour l'Afrique (experts)

11 Juillet 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Les technologies numériques ont le potentiel de stimuler considérablement la mobilisation des recettes intérieures et de faire progresser le développement économique inclusif en Afrique, ont souligné des experts de gouvernements africains, d'organisations internationales et du secteur privé lors des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement, qui se sont tenues à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

S'exprimant lors d'un événement parallèle de haut niveau, Kevin Chika Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a déclaré que la numérisation des systèmes fiscaux pourrait à elle seule générer jusqu'à 125 milliards de dollars par an, sans augmentation des taux d'imposition. Plus largement, la numérisation des systèmes du secteur public en Afrique pourrait débloquer jusqu'à 687 milliards de dollars de recettes supplémentaires, renforçant ainsi considérablement les capacités budgétaires à l'échelle du continent, a-t-il noté.

La session, modérée par Carina Sugden, chargée en chef de la gouvernance au Département de la gouvernance et des réformes économiques de la Banque, a été marquée par des discussions dynamiques mettant en avant l'importance d'une volonté politique forte, d'une infrastructure numérique robuste, de cadres politiques inclusifs et de la coopération régionale.

« La numérisation n'est plus une option, elle est essentielle. Elle améliore la conformité, élargit l'assiette fiscale et favorise la responsabilité », a déclaré Mary Baine, secrétaire exécutive adjointe du Forum sur l'administration fiscale africaine (ATAF).

L'ambassadrice de Finlande au Sénégal, en Côte d'Ivoire et en Gambie, Anu Saxén, a réaffirmé le partenariat de son pays avec la Banque africaine de développement et l'ATAF pour renforcer les systèmes fiscaux numériques sur le continent. Elle a souligné que des innovations telles que les audits basés sur l'IA et l'intégration aux plateformes de paiement mobile étaient des moteurs clés de la modernisation de l'administration fiscale.

Patrick Olomo, responsable de la politique économique et du développement durable à la Commission de l'Union africaine, a rappelé l'urgence de renforcer la mobilisation des ressources nationales - actuellement de 15,8 % - afin de rattraper le retard sur les autres régions.

Ouattara Sie Abou, directeur général des impôts de Côte d'Ivoire, a insisté sur l'importance de l'équité dans les réformes fiscales : « Les systèmes fiscaux numériques doivent être justes. Ils doivent élargir l'assiette fiscale sans surcharger les entités déjà en règle dans le secteur formel. »

Yankuba Darboe, commissaire général de l'Autorité fiscale de Gambie, a mentionné le rôle des capacités institutionnelles : « La volonté politique et des partenariats solides sont essentiels. Mais il est tout aussi important de former nos collaborateurs pour soutenir ces réformes. L'efficacité des outils numériques dépend de celle des personnes qui les gèrent. »

Pour John Bosco Sebabi, directeur général adjoint du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), l'intégration est une nécessité : « Le commerce intra-africain ne représente que 14 %, signe de la fragmentation des systèmes. L'intégration des infrastructures de paiement est essentielle pour stimuler le commerce régional et l'efficacité fiscale. »

Plusieurs autres intervenants ont souligné le succès des initiatives de transformation numérique, qui ont déjà produit des résultats mesurables. Allen Asiimwe, directrice générale adjointe de TradeMark Africa, a cité l'expérience de l'Ouganda, où les recettes douanières ont augmenté de 47 % grâce aux plateformes numériques. « Ces outils renforcent les capacités des petites entreprises et améliorent la transparence », a-t-elle précisé.

Kentaro Nagai, président-directeur général de l'entreprise japonaise SENRI, développeur d'applications mobiles et web pour l'automatisation des ventes, a établi des parallèles avec les défis mondiaux : « Les limitations de connectivité et d'infrastructures ne sont pas propres à l'Afrique. Mais la solution est la même : gouvernements et entreprises doivent concevoir ensemble des systèmes numériques pratiques. »

Clôturant la table ronde, Bridget Kelly, vice-présidente des alliances et responsable de la conformité chez FreeBalance, a mis l'accent sur le lien entre la confiance et la technologie : « Les systèmes financiers numériques ne sont pas seulement une question de revenus, ils sont aussi une question de confiance. Les citoyens sont plus susceptibles de se conformer lorsque les systèmes sont clairs, transparents et accessibles. »

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