Togo: Les Togolais en deuil avant des élections locales risquées

14 Juillet 2025

Les forces de sécurité ont voté en avance pour les municipales du 17 juillet, dans le but d'être opérationnel le jour du vote dans un contexte politique tendu.

Au Togo, les membres des forces de sécurité ont voté, ce lundi, par anticipation, en amont des élections municipales, prévues pour le 17 juillet prochain. Tout s'est déroulé dans le calme.

Mais ce climat de discipline contraste avec une atmosphère politique tendue : appels à des journées de deuil, manifestations annoncées.

Au centre de vote du camp général Eyadema à Lomé, l'aube s'est levée sur des images de rigueur et d'ordre.

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Vote dans le calme

Avant même l'ouverture officielle des bureaux, à 7h, de longues files d'hommes en treillis se formaient déjà devant chaque salle, dans une attente disciplinée. Poutouli Pisseyem est président d'un bureau de vote. Il explique avoir "affiché les noms des membres de bureaux de vote. On a ouvert, on a montré que l'urne est vide. On a ouvert à 7 h".

À tour de rôle, dans le calme et dans une parfaite organisation, chaque militaire entre, passe par l'isoloir, puis glisse son bulletin dans l'urne. "Et il vient émarger, à la fin, il met son index dans l'encre indélébile et il sort. Ils votent dans le calme, et tout ce que nous leur disons, ils le respectent", ajoute Poutouli Pisseyem.

Ce scrutin anticipé est réservé aux forces de sécurité, aux unités paramilitaires et aux membres de la réserve opérationnelle, mobilisés pour assurer la sécurité des élections municipales, prévues le 17 juillet prochain.

Journées de deuil et manifestations

Mais ce vote se déroule dans un contexte politique tendu. La société civile appelle à des journées de deuil, les 14 et 15 juillet. Sur les réseaux sociaux, des activistes annoncent de nouvelles manifestations pour les 16 et 17.

Pendant ce temps, la campagne électorale se poursuit discrètement à travers l'ensemble du territoire. Gabin Adjaho, analyste politique, estime que "la situation demeure délétère, même si, aujourd'hui, on est en train de vivre une situation de calme apparent. Maintenant, la question de savoir si, véritablement, les populations vont accepter encore de sortir dans les rues, je peux dire, à mon sens, que oui, les gens vont encore sortir, puisque les problèmes ne sont pas résorbés. Les problèmes liés à l'augmentation du coût de l'électricité, les problèmes liés à la vie chère... Surtout, le président du conseil n'est lui-même pas sorti pour parler à la population. Ce qui est encore plus grave, c'est que les dernières sorties du gouvernement ne sont pas de nature à calmer la population, à créer l'apaisement".

Malgré les assurances répétées de plusieurs membres du gouvernement, la semaine dernière, le climat demeure fébrile. La rue observe, les esprits s'interrogent et le Togo s'apprête à faire entendre la voix des urnes.

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