La poésie en Afrique est un reflet puissant de l'histoire, de la culture et des luttes du continent. Elle est à la fois ancrée dans la tradition orale et évolue avec les langues d'écriture contemporaines. Pourtant des thèmes variés tels que « la paix dans mon jardin » de Mouhamed Zamal Gueye, qui lui a valu le Premier prix du concours International de Poésie représente la paix, non pas comme une utopie lointaine, mais comme une présence humble et enracinée, presque maternelle.
Il inspire la résilience des peuples, des femmes africaines en particulier, qui, malgré les épreuves, continuent de panser, de protéger, de semer l'espérance. Pendant notre interview avec l'auteur, il a résumé les traits essentiels qui ont été cruciaux pour remporter ce prix.
1. À quel moment avez-vous commencé à écrire de la poésie ?
J'ai toujours été poète. Pas seulement dans l'écriture, mais dans ma manière de regarder le monde. Dès l'âge de 11 ans, je composais spontanément des poèmes en wolof, ma langue maternelle. Je ne savais pas encore que ce fût de la poésie au sens académique du terme, mais j'avais déjà cette capacité étrange à ressentir plus fort, à nommer les choses avec des images, à transformer les douleurs, les joies, les silences en mots.
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Je me souviens que, très jeune, j'étais touché par des choses que les autres laissaient passer : une fleur fanée dans la cour, un vieillard assis seul à l'ombre, une voix tremblante à la radio. Tout devenait en moi matière à réflexion, à émotion, à vers. Mes cahiers d'école étaient remplis de phrases que je n'arrivais pas à dire à voix haute, mais que je déposais comme des secrets confiés à l'encre.
La véritable poésie, celle que j'appelle la poésie senghorienne, a commencé à prendre forme au lycée, en classes de Première et de Terminale. C'est à ce moment-là que j'ai voulu donner une forme à ce flot intérieur. Et puis, la Covid19 est arrivée. Ce temps suspendu, ces jours entre quatre murs, ont été pour moi un catalyseur. J'ai enfin pu m'abandonner pleinement à la poésie, combler ce vide par l'écriture, et réveiller un talent que je n'avais jusqu'alors qu'effleuré. La poésie n'est pas seulement ce que j'écris. C'est ce que je suis. Une façon d'aimer le monde dans ses contradictions. Une manière d'écouter, de rêver, de résister.
2. Qu'est-ce qui vous inspire dans l'écriture poétique ?
Ce qui m'inspire dans l'écriture poétique, c'est d'abord la vie elle-même. Ses silences, ses blessures, ses lueurs. Je suis inspiré par ce que l'on ne dit pas, par ce que l'on ressent sans toujours pouvoir l'expliquer. La poésie me permet de donner une voix à l'invisible, de mettre des mots sur les émotions brutes, celles qui naissent dans les profondeurs de l'âme : la nostalgie, la perte, la tendresse, la foi, l'attente…Je suis profondément nourri par mes racines africaines. Le sable brûlant de Thiès, les rues de Saint-Louis, les récits des anciens, les chants religieux qui rythment les matins et les soirs… tout cela fait vibrer en moi une langue qui dépasse les mots. J'écris avec l'héritage de mon peuple, avec ses douleurs et ses grandeurs, avec ses silences qui parlent plus fort que les cris. Au Sénégal, nous avons toujours eu de grands poètes, dont le plus emblématique reste Léopold Sédar Senghor. Son verbe m'habite. Il disait : « Les poètes doivent guider les peuples avec des mots de lumière. » Cette lumière, je la cherche dans chaque vers que je trace.
La nature, elle aussi, m'inspire. L'arbre qui ploie sous le vent, le fleuve qui coule en secret, la lune qui veille… Ce sont des fragments de vérité que seul le regard poétique peut recueillir. Pour moi, le poète est celui qui capte ce que les autres oublient de voir. Il est le veilleur des âmes, l'interprète du murmure du monde.
Enfin, j'écris parce que j'en ai besoin. Quand je ne peux plus parler, j'écris. Quand la vie devient trop lourde, j'allège mes douleurs par le poids des mots. L'écriture poétique est à la fois un refuge et une révolte, une manière d'aimer, de guérir et de transmettre. Écrire, c'est habiter le monde autrement. C'est refuser l'indifférence. C'est tendre une main invisible à ceux qui, dans le silence, cherchent aussi une voix.
3 . Avez-vous été influencé par des auteurs ou poétes Sénégalais ou étrangers ?
Oui, profondément. Parmi les influences majeures, je citerais d'abord Patherson, de son vrai nom Pathé Dieye, un écrivain hors pair, d'une créativité rare. Il incarne une autre vision de la poésie : audacieuse, inspirée, presque révolutionnaire. Son génie littéraire, à la fois moderne et enraciné, m'a permis de comprendre que la poésie pouvait briser les formes sans perdre sa profondeur. Il est, à mes yeux, l'un des meilleurs de sa génération. Je dois également beaucoup à Léopold Sédar Senghor, le poète-président, dont chaque mot résonne avec la puissance du verbe africain. Sa capacité à allier l'universel au particulier, l'Afrique à l'humanité, m'inspire au plus haut point.
Un autre nom qui a profondément marqué mon évolution est Khadim Bamba Syll. C'est à travers ses textes que j'ai appris à m'affranchir des règles rigides de l'écriture classique pour m'ouvrir à une poésie plus libre, plus incarnée, qui ose sortir des sentiers battus. Je n'oublie pas l'influence spirituelle de nos guides religieux, véritables poètes de l'âme : Serigne Touba (Cheikh Ahmadou Bamba), El Hadji Malick Sy et Baye Niass. Leur poésie mystique, d'une élévation rare, est empreinte de lumière, de sagesse et de transcendance. Elle m'enseigne que l'écriture peut aussi être prière, louange, voie vers l'absolu.
Enfin, deux figures pédagogiques ont joué un rôle déterminant dans mon éveil littéraire. Le docteur Momar Diop, mon professeur de français, a été celui qui a su déceler puis réveiller en moi le génie poétique qui sommeillait. Son regard bienveillant et son exigence intellectuelle ont été pour moi des déclencheurs essentiels. Et comment ne pas mentionner Monsieur Bassirou Ndiaye, un littéraire d'exception, que je considère comme un écrivain de classe mondiale. Sa plume, sa rigueur, et sa maîtrise des subtilités du langage en font une référence majeure dans mon parcours d'auteur.
4.Quels thèmes sont récurrents dans vos écrits ? Comment avez-vous été informé de ce concours et pourquoi y avoir participé ?
Mes écrits abordent des thèmes profondément humains : la solitude, l'amour, la foi, la mémoire, la dignité, mais aussi l'espoir en des lendemains meilleurs. Ces thématiques ne sont pas choisies au hasard : elles naissent de ce que je vois, ressens et vis en tant qu'être sensible face aux réalités de ce monde. J'ai toujours eu le besoin viscéral d'écrire pour comprendre l'humain, pour l'écouter autrement et, parfois, pour le consoler. Je crois que la poésie a ce pouvoir rare de dire ce que la vie, parfois, n'ose pas nommer.
Il y a également dans ma poésie une profonde dose de spiritualité, nourrie par mes croyances, mes racines et l'héritage des grandes figures spirituelles du Sénégal. Cette dimension ne se manifeste pas dans des dogmes, mais dans une quête de sens, un besoin de transcender le quotidien, d'interroger l'invisible, et d'ancrer mes mots dans quelque chose de plus vaste que moi.
J'ai été informé de ce concours par un ami, qui m'a partagé l'affiche en me disant que cela me correspondait parfaitement. J'y ai vu une opportunité non seulement de confronter ma plume à d'autres regards, mais aussi de me challenger personnellement, de sortir de ma zone de confort et de tester la portée universelle de mes mots. Ce fut également une façon de représenter dignement mon pays, le Sénégal, et de montrer au monde que notre terre a su former des plumes, des voix, des talents capables de briller sur la scène internationale. Participer à ce concours, c'était écrire pour moi, mais aussi pour nous tous pour ceux dont la parole mérite d'être portée haut et fort.
5.Quel poème vous a valu ce premier prix ? Pouvez-vous nous en parler ou en écrire un extrait ?
Le poème qui m'a valu ce premier prix s'intitule « La paix dans mon jardin ». C'est un hommage vibrant à ces femmes silencieuses mais puissantes, qui œuvrent chaque jour à apaiser les douleurs du monde, souvent dans l'ombre, souvent sans reconnaissance. J'ai voulu représenter la paix non pas comme une utopie lointaine, mais comme une présence humble et enracinée, presque maternelle, qui pousse doucement au milieu du chaos, comme une fleur dans les fissures d'un mur. Ce poème est né d'un regard porté sur ces héroïnes de l'ordinaire, sur les bâtisseuses de paix. Il s'inspire aussi de la résilience des peuples, des femmes africaines en particulier, qui, malgré les épreuves, continuent de panser, de protéger, de semer l'espérance.
Voici le poème :
Sous l'ombre d'un figuier, loin des vents de la haine,
Elle marche en silence, apaisant toute peine.
Dans son regard profond, une force tranquille,
Et dans ses mains, l'espoir fleurit dans chaque ville.
Elle a vu tant de pleurs, entendu tant de cris,
Mais son cœur bâtisseur n'a jamais pris de plis.
Elle croit que la paix, patiemment cultivée,
Peut germer dans les cœurs, même les plus blessés.
Femmes au Secours de la Paix, sa lumière,
Est née d'un vœu sincère et d'une foi sincère.
Elle en a fait un toit pour les âmes sans voix,
Un lieu de renaissance, un chemin, une loi.
Dans son jardin secret, nul besoin de discours,
Les gestes sont des ponts, les silences des tours.
Chaque plante qu'elle arrose est un acte d'amour,
Chaque mot qu'elle prononce éclaire les jours lourds.
Elle unit, elle lie, elle relève et console.
Et fait d'un simple "nous" une immense parole.
Son jardin est vivant, riche de mille vies,
De femmes réunies, d'enfants et d'amis.
Quand l'injustice gronde ou que l'orage éclate,
Elle offre un abri sûr, loin des feux et des haches.
Et dans ce havre doux qu'elle a su bâtir là,
La paix prend ses racines, et ne s'en va pas.
6.Que représente ce prix pour vous en tant que jeune poète sénégalais ?
Ce prix représente bien plus qu'un simple honneur littéraire. Il symbolise un chemin de vie, une trajectoire marquée par le doute, la foi, la solitude parfois, mais toujours animée par une conviction : celle que la parole, quand elle est sincère, peut transformer le monde. Il vient donner un sens à toutes ces nuits d'écriture silencieuse, à ces vers murmurés dans l'ombre, à cette volonté farouche de faire entendre une voix issue de mon pays, le Sénégal. En tant que jeune poète sénégalais, ce prix est une reconnaissance collective. Il reflète la richesse de notre culture, la profondeur de nos sensibilités, la force de nos émotions. Il montre que le Sénégal n'est pas seulement un pays de traditions orales, mais aussi une terre de lettres, une nation de penseurs et de poètes capables de toucher l'universel à partir du local. Ce prix est également un hommage que je rends à Serigne Mbaye Diakhaté, cet immense poète dont la grandeur intellectuelle et la finesse de plume ont profondément marqué mon imaginaire.
Par son œuvre, il a prouvé que la poésie pouvait élever une langue nationale au rang d'art universel. Sa rigueur, sa vision, son amour du mot juste m'inspirent et m'accompagnent. Il a montré qu'écrire pouvait être un acte de foi, un acte d'engagement, un acte d'amour. Recevoir ce prix, c'est marcher humblement dans ses pas. Je ressens aussi, à travers cette distinction, une forme de responsabilité morale : celle de continuer à écrire avec honnêteté, avec exigence, mais surtout avec le cœur. Car je crois que la poésie doit rester un espace d'humanité, un miroir tendu à notre époque, un lieu où les douleurs se déposent, et où les espoirs se relèvent.
Ce prix me pousse à continuer, à partager davantage, à transmettre aussi. Il me rappelle que chaque mot peut être un refuge, un cri, une semence, et que la poésie, lorsqu'elle est vraie, ne meurt jamais. Elle voyage. Elle unit. Elle éclaire. Et c'est ainsi que je reçois cette récompense : avec fierté, humilité, et un profond attachement à mes racines. Car si ma plume a su convaincre, c'est qu'elle porte en elle l'âme d'un peuple.
7. Pensez-vous que la poésie a encore un rôle à jouer dans nos sociétés ?
Je ne le pense pas seulement : j'en suis profondément convaincu. Dans un monde marqué par le chaos, la saturation d'informations, la violence symbolique et parfois physique, la poésie se dresse comme l'un des derniers bastions de l'âme humaine. Elle nous rappelle que la sensibilité est une force, que le silence peut avoir plus de poids que le tumulte, et que le mot juste peut réparer ce que mille discours n'arrivent plus à toucher.
La poésie, dans sa forme la plus pure, ne triche pas. Elle ne se cache pas derrière des masques politiques ou des formules commerciales. Elle dit l'essentiel, parfois avec trois mots, parfois avec un soupir. Elle porte en elle la beauté de l'authenticité, celle qui résiste au cynisme ambiant. À une époque où les algorithmes dictent ce qu'il faut voir, penser, acheter, la poésie résiste en proposant un autre rapport au monde : plus lent, plus humain, plus vrai. Elle ne se limite pas à orner le réel, elle le dévoile autrement.
Elle donne une voix aux sans-voix, éclaire les marges, soigne les blessures invisibles. Dans mes textes, je m'efforce d'élever les douleurs silencieuses, les espoirs discrets, les émotions enfouies. Car je suis persuadé que la poésie n'est pas un divertissement, mais un outil de transformation intérieure et collective. Elle est aussi un instrument de mémoire, de transmission, un levier de réconciliation entre les générations. Elle permet de parler sans violence de sujets douloureux, de nommer ce qui fait mal, de crier ce qu'on n'ose pas dire autrement.
C'est pour cela que dans chaque société, même dans les plus modernes, la poésie garde une place peut être souterraine, mais toujours vivante. Le grand poète Paul Éluard écrivait : « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur, et rien d'autre. » Cette phrase, dans sa simplicité apparente, contient une vérité immense: la poésie est l'art de retrouver l'essentiel, d'arracher à la laideur du monde des fragments de beauté, et de les offrir comme une promesse de lumière. Aujourd'hui, les jeunes cherchent du sens, les peuples crient justice, les âmes se cherchent dans la confusion. La poésie a sa place dans tous ces combats.
Elle ne brandit pas de drapeau, mais elle porte les douleurs des peuples, les espoirs des oubliés, la lumière de ceux qui avancent dans l'ombre. Je crois que tant qu'il y aura des cœurs qui saignent, des peuples qui espèrent, et des silences qui attendent d'être brisés, la poésie aura un rôle. Elle ne résout pas tout, mais elle ouvre, elle relie, elle guérit. Et si j'écris, c'est aussi pour cela : croire encore à la douceur dans un monde dur, à la parole dans un monde saturé de bruits, à l'amour dans un monde qui doute.
8. Quel regard portez-vous sur l'engagement culturel de la jeunesse sénégalaise aujourd'hui ?
Je dirais qu'il y a une vraie lumière qui brille dans la jeunesse sénégalaise aujourd'hui. Une lumière indocile, créative, et profondément connectée à ses racines. Ce que je vois, c'est une génération qui n'a pas peur de prendre la parole, de créer, de bousculer les codes, que ce soit à travers le slam, la poésie, le cinéma, la musique ou même le digital. Elle ne fait pas que consommer la culture : elle la façonne, la transforme, l'exporte. Elle prend ce qu'elle a hérité les langues, les symboles, les récits et elle y met du rythme, du feu, du monde. Cette jeunesse fait dialoguer les ancêtres avec le futur, et c'est ça qui est beau. Elle prouve qu'on peut être profondément sénégalais tout en parlant au reste de la planète.
Et puis, elle ne crée pas juste pour créer : elle s'engage. Elle parle d'identité, de justice, de genre, d'environnement. Elle met l'art au service du sens. Elle transforme la culture en espace de débat, en outil de guérison, en arme douce. Certes, il manque encore des moyens, des structures, des scènes, mais malgré tout ça, les jeunes avancent, avec leurs voix, leurs corps, leurs idées.
Ils créent avec peu, mais ils créent fort. Et franchement, je suis admiratif. Parce que dans un monde souvent désabusé, eux, ils continuent à croire que la beauté peut changer quelque chose.
9. Selon vous, que manque-t-il pour que la poésie soit davantage valorisée au Sénégal et en Afrique ?
Il manque encore beaucoup de choses, malheureusement. La poésie est belle, puissante, essentielle… mais trop souvent, elle vit en marge. Et pourtant, elle dit l'âme d'un peuple, elle raconte ce que l'histoire officielle oublie.
Mais pour qu'elle soit davantage valorisée, il faudrait d'abord un réel accompagnement institutionnel. L'État devrait jouer un rôle central : plus de subventions, plus d'espaces dédiés à la création poétique, des fonds de soutien pour l'édition, des bourses pour les jeunes talents, des résidences d'écriture, des concours nationaux réguliers…
Mais au lieu de ça, la culture en général, et la poésie en particulier, est souvent la dernière roue du carrosse. On célèbre le poète une fois qu'il est mort, mais de son vivant, on le laisse dans le silence.
Il y a aussi un problème du côté des maisons d'édition : beaucoup publient, mais n'assurent aucun suivi. Pas de promotion, pas de distribution sérieuse, pas de stratégie pour faire vivre les textes. Certains poètes autoéditent, d'autres se découragent.
Il faudrait aussi des librairies modernes, des médiathèques ouvertes au public, accessibles dans toutes les régions, où les jeunes pourraient lire, découvrir et se cultiver sans contrainte.
Un autre frein majeur, c'est le regard que la société porte sur le poète. Souvent, on le réduit à un rêveur, un amoureux de l'amour, quelqu'un d'inefficace face au réel. Mais très peu savent que le poète est aussi un penseur, un éclaireur, un gardien de mémoire, un lanceur d'alerte parfois. On le célèbre quand il gagne un prix à l'étranger, mais localement, il reste incompris, voire marginalisé. C'est un manque de reconnaissance symbolique qu'il faut corriger.
Enfin, certains jeunes eux-mêmes peinent à s'impliquer. Il y a une forme de résignation ou de paresse intellectuelle : peu de participation aux concours, peu d'efforts pour se former ou s'autodiscipliner dans la création. Mais comment blâmer une jeunesse qu'on ne motive pas, qu'on ne soutient pas, à qui on ne donne ni espaces, ni moyens, ni modèles accessibles ?
Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est une vraie politique de valorisation de la poésie : dans les écoles, dans les quartiers, sur les scènes publiques, dans les médias. Il faut faire aimer les mots, former les lecteurs, révéler les auteurs.
La poésie ne nourrit peut-être pas financièrement, mais elle nourrit l'âme d'un pays. Et c'est peut-être ça, le plus urgent.
Mot de fin - Votre touche personnelle
Je suis profondément heureux et ému de voir mon pays valoriser ce sacre, de le médiatiser avec autant de bienveillance. Honnêtement, je ne m'y attendais pas. À la base, j'ai participé à ce concours pour me challenger, pour tester mes limites, voir jusqu'où ma plume pouvait aller. Mais cette reconnaissance m'a montré que le Sénégal est véritablement un pays de ses enfants, un pays qui sait tendre la main, même à ceux qui, parfois, doutent d'eux-mêmes. Et cela me touche profondément.
Je voudrais exprimer toute ma gratitude à ma mère, Coumba Ngouye Thiam, une femme dont la générosité et la force ont rendu mon arrivée en France possible.
Sans elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Merci à ma sœur-mère, Binetou Dieye, celle qui m'a littéralement forcé à lire, à aimer les livres, à cultiver cette graine qui, aujourd'hui, porte du fruit.
Merci aussi à ma famille, à mes amis, qui ont toujours cru en moi, même dans le silence.
À Monsieur et Madame El Kadiri, pour leur confiance et leur soutien sans faille, dans les moments les plus cruciaux.
Et un merci particulier à Abdou Kébé, plus qu'un frère, un reflet d'âme avec qui je partage des liens plus forts que le sang.
Ce prix, je le dédie à tous ceux qui m'ont porté, soutenu, inspiré.
Ce n'est pas seulement le fruit d'un talent, mais celui d'un amour reçu, transmis et multiplié.