Cameroun: Braconnage - Deux individus arrêtés avec 90 kg d'écailles de pangolin géant à Tibati

15 Juillet 2025

Les deux suspects, qui tentaient de vendre ces produits de contrebande, ont été arrêtés le 3 juillet sur le lieu de la transaction, (Tibati, région de l'Adamaoua) non loin de la gare routière, à bord d'une moto. L'un d'eux conduisait tandis que l'autre transportait deux sacs remplis d'écailles, dissimulés dans des cartons et enfouis dans des sacs de céréales.

Deux personnes ont été interpellées le 3 juillet dernier à Tibati (région de l'Adamaoua) pour trafic illégal d'écailles de pangolin géant, une espèce totalement protégée au Cameroun.

L'opération a été menée par les agents des services de la faune de la délégation départementale des Forêts et de la Faune du Djerem, en collaboration avec la compagnie de gendarmerie de Tibati. Près de 90 kg d'écailles ont été saisis, ce qui correspond à environ 35 pangolins géants tués. La moto et les sacs ont également été confisqués.

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Selon des sources proches du dossier, les trafiquants projetaient de se rendre à Ngaoundéré pour écouler leur butin. L'un des suspects est un marchand de viande de brousse, tandis que l'autre, mécanicien de profession, est également impliqué dans des activités de trafic de faune. Ils auraient mobilisé un réseau de braconniers opérant dans les villages alentours pour se procurer les écailles.

L'ONG The Last Great Ape Organisation (LAGA) a fourni un appui technique à l'opération. Les deux hommes sont actuellement détenus à la prison de Tibati, dans l'attente de la suite de la procédure judiciaire.

Malgré une baisse apparente du commerce illégal des écailles de pangolin, comme l'indiquent plusieurs rapports récents, le phénomène persiste. Tah Kaba Eric, directeur adjoint de LAGA, observe que « les efforts visant à endiguer le commerce illégal des écailles de pangolins ont contribué à une lutte efficace pour la survie de l'espèce. Nous commençons peut-être à en voir les résultats. » Il nuance toutefois : « L'intensité du commerce a peut-être diminué, possiblement en raison d'une baisse de la demande en Asie, mais il se pourrait aussi que ce commerce soit désormais entièrement clandestin, ce qui complique davantage le travail des forces de l'ordre. »

Au Cameroun, le braconnage et le trafic de pangolins constituent l'une des principales menaces pesant sur cette espèce. La loi de 2024 sur la faune sauvage prévoit des sanctions sévères : toute personne trouvée en possession d'écailles de pangolin est présumée avoir tué l'animal et encourt une peine de 15 à 20 ans de prison, assortie d'une amende allant de 20 à 50 millions de FCFA.

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