Washington. Aujourd'hui, le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la septième revue du programme économique et financier du Niger appuyé par l'accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue de l'accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). L'accord avec le Niger au titre de la FEC a été approuvé le 8 décembre 2021 (voir CP 21/366) et complété par l'accord au titre de la FRD en juillet 2023 (voir CP 23/256). L'accord au titre de la FEC a été prolongé de douze mois, jusqu'en décembre 2026, afin de soutenir la mise en oeuvre de réformes supplémentaires destinées à consolider les récents progrès réalisés en matière de gouvernance, à ancrer des politiques budgétaires judicieuses et à répondre aux besoins de financement de la balance des paiements qui persistent en raison d'un environnement de financement restrictif.
L'achèvement des revues permet le décaissement immédiat de 13,16 millions de DTS (environ 18 millions de dollars) au titre de la FEC, ce qui porte le total des décaissements au titre de la FEC à 184,24 millions de DTS (environ 245 millions de dollars), et de 17,108 millions de DTS (environ 23 millions de dollars) au titre de la FRD, ce qui porte le total des décaissements au titre de la FRD à 76,988 millions de DTS (environ 101 millions de dollars).
À l'issue des délibérations du conseil d'administration sur le Niger, M. Okamura, directeur général adjoint et président par intérim du conseil d'administration, a fait la déclaration suivante :
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La mise en oeuvre des programmes appuyés par la FEC et la FRD a été globalement satisfaisante. L'économie nigérienne a fait preuve de résilience face aux chocs provoqués par l'instabilité politique, le conflit et des phénomènes climatiques extrêmes. L'activité économique a rebondi en 2024 et les perspectives à court terme sont relativement favorables, portées par le secteur extractif. Cependant, ces perspectives sont entourées d'une grande incertitude et les risques de révision à la baisse sont élevés, notamment ceux liés à la détérioration de la situation sécuritaire, au resserrement des conditions de financement et à de nouvelles réductions de l'aide financière des partenaires pour le développement.
L'engagement ferme des autorités vis-à-vis des objectifs du programme sera essentiel pour assurer la stabilité macroéconomique, tout en favorisant le développement économique afin de poser les fondations nécessaires pour que le pays sorte définitivement de sa situation de fragilité. L'action publique doit porter en priorité sur la réalisation d'une trajectoire d'ajustement budgétaire fondée sur les recettes, la mise en oeuvre rapide d'une stratégie de gestion des recettes issues du pétrole appuyée par une amélioration de la gouvernance et de la transparence dans le secteur pétrolier, le déploiement de mesures visant à renforcer la mobilisation des recettes, et les efforts entrepris pour améliorer l'efficience et la qualité des dépenses publiques.
Compte tenu des conditions de financement restrictives, les autorités doivent faire preuve de prudence dans leur politique d'emprunt en ayant recours à des financements concessionnels pour limiter le risque de surendettement. Par ailleurs, il est essentiel de poursuivre la mise en oeuvre du plan d'apurement des arriérés ainsi que d'améliorer la gestion de la trésorerie et de la dette afin d'empêcher l'accumulation de nouveaux arriérés.
Les autorités devront s'appuyer sur l'évaluation diagnostique de la gouvernance à venir pour formuler et mettre en oeuvre des mesures destinées à améliorer les dispositifs de gouvernance. La réalisation d'une croissance économique résiliente et inclusive passera également par la promotion du développement du secteur privé, la correction des facteurs de vulnérabilité dans le secteur financier et des avancées dans le domaine de l'inclusion financière.
Les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des réformes dans le cadre du programme appuyé par la FRD sont les bienvenus. Ces réformes contribueront à renforcer la capacité d'adaptation aux chocs climatiques et à poser le socle nécessaire pour débloquer des financements complémentaires pour des investissements dans ce domaine.
Tableau 1. Niger : principaux indicateurs économiques, 2024-30
2024
2025
2026
2027
2028
2029
2030
Est.
6e revue FEC
Est.
6e revue FEC
Proj.
Projections
(Variation annuelle en pourcentage)
Revenu national et prix
PIB à prix constants
10,3
7,9
6,6
6,7
6,7
6,5
6,0
6,0
6,0
Volume des exportations
32,5
91,7
138,0
7,2
1,7
9,0
-0,4
-1,5
0,8
Volume des importations
8,5
12,0
15,2
6,8
9,6
6,1
5,6
5,9
5,0
IPC (moyenne annuelle)
9,1
3,7
4,2
3,2
3,2
2,0
2,0
2,0
2,0
IPC (fin de période)
4,7
4,8
3,6
2,5
2,5
2,0
2,0
2,0
2,0
Monnaie et crédit
Monnaie au sens large
6,9
13,6
14,4
11,7
13,4
8,7
8,2
8,1
8,3
Crédit intérieur
13,8
12,3
16,2
6,2
10,3
7,9
7,1
6,9
7,2
Crédit à l'État (net)
27,2
18,1
21,0
2,1
4,6
5,9
4,3
3,6
4,8
Crédit à l'économie
8,3
9,4
13,8
8,5
13,2
8,8
8,4
8,3
8,2
Crédit au secteur privé
9,7
10,3
14,2
9,5
13,9
8,9
8,7
8,5
8,4
(En pourcentage du PIB)
Finances publiques
Total des recettes
7,7
9,4
9,4
10,0
9,9
10,3
10,8
11,0
11,2
Total des dépenses et prêts nets
13,4
14,6
14,2
15,0
14,2
14,6
14,9
15,0
15,0
Dépenses courantes
8,7
8,4
8,3
8,6
8,4
8,5
8,8
8,8
8,8
Dépenses en capital
4,7
6,4
5,9
6,6
6,0
6,2
6,2
6,3
6,3
Solde de base (hors dons)
-3,4
-1,1
-1,3
-0,8
-0,9
-0,8
-0,7
-0,6
-0,5
Solde budgétaire global (dons compris)
-4,3
-3,0
-3,0
-3,0
-3,0
-3,0
-3,0
-3,0
-3,0
Investissement brut
19,9
20,5
22,5
19,1
22,9
22,9
22,7
22,4
22,0
Investissement non public
16,4
15,7
18,1
14,2
18,3
18,2
18,1
17,6
17,3
Investissement public
3,5
4,8
4,4
5,0
4,5
4,7
4,7
4,7
4,7
Solde des transactions extérieures courantes (dons compris)
-6,0
-4,1
-3,1
-4,4
-5,0
-3,8
-3,6
-3,8
-3,7
Solde des transactions extérieures courantes (hors dons)
-6,4
-4,6
-3,4
-5,0
-5,3
-4,3
-4,1
-4,3
-4,1
Dette totale contractée ou garantie par l'État
47,2
45,6
44,0
44,7
43,0
42,6
42,6
42,6
42,5
Dette extérieure contractée ou garantie par l'État
26,5
27,5
24,9
27,5
24,9
24,6
24,5
24,5
24,7
VAN de la dette extérieure
18,3
17,6
17,1
17,1
16,3
15,6
15,2
15,0
15,2
Dette intérieure publique
20,8
18,1
19,1
17,3
18,1
18,0
18,0
18,1
17,8
(En milliards de FCFA)
PIB à prix courants du marché
12 043
13 305
13 319
14 608
14 627
15 897
17 189
18 586
20 099
Sources : autorités nigériennes ; estimations et projections des services du FMI.