À Madagascar, les autorités maintiennent leur version dans le drame d'Ambohimalaza, qui a conduit à la mort d'au moins 28 personnes après la consommation de nourriture suspecte lors d'une fête d'anniversaire près d'Antananarivo, le 14 juin. Le 15 juillet, sans présenter les preuves biologiques réclamées par l'entourage des victimes, elles ont de nouveau avancé la présence de poison pour expliquer les décès.
Selon un interrogatoire clinique mené auprès des victimes, toutes les personnes malades auraient consommé des donuts le soir des faits. Pour les autorités, qui s'appuient également sur un test réalisé sur des souris, cela en fait le seul aliment incriminé.
Le LA2M, laboratoire public de référence à Madagascar, n'a pas été sollicité pour analyser ces donuts ni le reste des aliments présents lors de la fête - comme de la charcuterie, de la viande ou encore des salades.
Pour son directeur, le professeur Andry Andrianarivelo, la connaissance du donut comme l'élément intoxiqué suffit à exclure la piste du botulisme, maladie mortelle suspectée d'un point de vue clinique comme étant à l'origine des décès. « Dans la littérature, j'ai déjà fouillé les informations concernant le botulisme. Je peux vous dire que la cuisson et la chaleur au niveau du donut détruisent la toxine botulique. C'est un milieu défavorable au développement du botulisme. »
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À ce jour, ni l'administration de sérum antibotulique aux patients, ni des prélèvements analysés en France n'ont permis d'écarter la piste du botulisme, dont les symptômes typiques sont observés par les médecins en charge des victimes. L'institut de médecine légale de Strasbourg, choisi par les autorités malgaches pour identifier l'origine des décès, n'a en effet n'a pas la capacité de détecter la maladie.
Docteur Manuella Christophère Vololoniaina Nivoarisoa est directrice de la Veille sanitaire, de surveillance épidémiologique et riposte (DVSSER) au ministère de la Santé. Interrogée sur le nom du poison que les autorités disent avoir identifié comme cause des décès, elle assure que ce dernier doit pour l'heure être gardé secret et assure elle-même ne pas en avoir connaissance. « Je n'ai pas le nom du poison. Pourquoi divulguer le nom du poison ? Si c'est un crime, on ne peut pas faire ça, pour que ça ne se reproduise pas, et ce, dans le cadre de la biosécurité. »
Sollicité par RFI, le ministre de la Santé n'a pas donné suite.
