Mohamed Jaafari, un nom qui pourrait paraître ordinaire mais qui incarne une histoire hors du commun, faite de défis, de persévérance et d’un espoir tenace. Il est devenu l’exemple vivant de ce que peut accomplir une volonté inébranlable lorsqu’elle trouve un appui solide, en l’occurrence celui offert par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH).
Ce cadre bienveillant et structurant a permis à ce jeune de surmonter une paralysie cérébrale sévère et de lourdes difficultés d’élocution, pour s’intégrer pleinement dans le système scolaire et s’envoler dans l'univers de l’écriture et de la littérature.
Interrogée sur le parcours de réussite de ce jeune homme, la présidente de l’association "Al Amal Al Mochrik" des enfants en situation de handicap à Dakhla, Aziza Laaroussi, a affirmé que Mohamed Jaafari incarne l'une des plus belles réussites de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Malgré sa paralysie cérébrale et ses troubles du langage, il a su surmonter les obstacles liés à l'intégration sociale et psychologique, notamment grâce à sa prise en charge par le Centre de Dakhla pour enfants autistes, relevant de l’association.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Dans une déclaration à la MAP, Mme Laaroussi a indiqué que "en seulement trois ans, nous avons réussi à l’intégrer dans l’enseignement régulier", soulignant qu’il avait rapidement suscité l’admiration des enseignants par sa capacité remarquable à suivre le rythme de ses camarades, de manière naturelle et fluide, malgré la sévérité de son état de santé.
Selon Mme Laaroussi, cette évolution n’aurait jamais été possible sans l'appui décisif de l’INDH, qui repose sur une philosophie dépassant le simple appui matériel pour placer l’humain au cœur de l’action, avec une attention particulière portée aux personnes en situation de handicap, notamment les enfants atteints d’autisme.
Mohamed Jaafari, qui a déjà représenté la région de Dakhla-Oued Eddahab au Parlement de l’enfant, s’est ouvert à l’univers de l’écriture et a commencé à explorer les profondeurs de la littérature avec passion. Ses efforts ont abouti à la publication d'un premier roman, qu'il a intitulé "Al Ollayq", un mot inspiré de la symbolique du mûrier sauvage entouré d’épines, métaphore des épreuves à surmonter sur le chemin de la réussite.
Loin de s’arrêter à "Al Ollayq", Jaafari a poursuivi son élan créatif avec un second ouvrage intitulé "Touhfat al Al Albab wa Noukhbat al Adab", recueil de pensées, de poèmes et de fragments en prose, dans lequel il exprime ses réflexions et son regard profond sur la société et la vie.
Mohamed Jaafari nourrit l’espoir de voir un jour ses écrits publiés dans les pages culturelles d’un journal ou d’une revue, et pourquoi pas, portés par une maison d’édition qui contribuerait à faire entendre sa voix à travers le monde arabe.
Mme Laaroussi raconte que Mohamed Jaafari n’était même pas capable d’écrire une seule lettre. Mais grâce à un environnement bienveillant et à un accompagnement constant, il a su transformer le vide des pages blanches en une création vivante, où les lettres, domptées par sa volonté, sont devenues vibrantes de sens et de défi.
"Sans l'appui de l’INDH, il n’aurait pas été possible d’accompagner de tels talents exceptionnels", a noté Mme Laaroussi.
Dans son roman "Al Ollayq", Mohamed Jaafari, à travers la voix de son personnage "Borhan", écrit : "La vie peut te priver de tout, sauf de ta manière de résister à la douleur. Car la résistance naît toujours des profondeurs de l’âme humaine, de la force de la volonté et de l’étincelle de la pensée".
Mohamed Jaafari fait passer un message fort affirmant que les personnes en situation de handicap sont pleinement capables de créer, de contribuer et de s’accomplir, à condition qu’on leur offre de réelles opportunités en matière d’éducation, d’emploi, de dignité et d’inclusion sociale.
L'obtention de son baccalauréat constitue une nouvelle victoire qu’il a inscrite avec détermination et persévérance. Aujourd’hui, il aspire à entamer un parcours universitaire qu’il souhaite d’exception, avec l’ambition ultime de réaliser le rêve de ses parents en décrochant un doctorat.
Lancée en 2005 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’INDH incarne une vision royale fondée sur une philosophie profondément humaniste, visant à valoriser l’individu et à libérer son potentiel, en particulier pour ceux que les difficultés de la vie, la précarité ou le handicap ont durement éprouvés. En plaçant l’investissement dans l’humain au cœur des priorités royales, cette initiative est devenue un levier majeur pour une vie sociale plus digne, contribuant concrètement à l’épanouissement personnel et à l’ouverture de nouvelles perspectives d’espoir et de créativité.