Cameroun: Achille Mbembe - Paul Biya, 93 ans, est une personne assistée, incapable de diriger le pays

16 Juillet 2025

L'intervention de l'historien et philosophe Achille Mbembe vient raviver un débat national longtemps contenu entre murmures, prudence et résignation.

À travers une analyse frontale, il affirme que Paul Biya, en raison de son âge avancé et de sa dépendance fonctionnelle, ne dispose plus des capacités nécessaires pour diriger efficacement le Cameroun. Cette sortie, loin d'un simple avis intellectuel, cristallise une crise politique, institutionnelle et générationnelle.

Le coeur du propos repose sur une réalité que beaucoup n'osent nommer : à 93 ans, le président camerounais, au pouvoir depuis 1982, est devenu une personne assistée, condition qui ne peut plus se conjuguer avec l'exigence d'un exercice autonome et lucide du pouvoir d'État. Ce constat est lourd de conséquences pour un pays qui peine à se réformer, à offrir des perspectives viables à sa jeunesse et à se projeter vers l'avenir.

Dans un pays où l'espérance de vie moyenne tourne autour de 60 ans, voir le plus haut sommet de l'État incarné par un homme quasi-centenaire interroge sur le fonctionnement réel des institutions. Qui gouverne effectivement ? Qui prend les décisions ? Le poste de président devient, dans ce contexte, une fonction symbolique portée par une figure institutionnelle dont les capacités d'action directe semblent compromises.

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L'analyse de Mbembe ne s'arrête pas à l'homme. Elle expose aussi l'échec d'un système politique figé dans une verticalité usée, incapable de se régénérer. Une démocratie fonctionnelle ne peut survivre à une déconnexion aussi flagrante entre la réalité du pouvoir et les attentes du peuple. La transition politique devient une urgence que seul un sursaut civique pourrait enclencher.

Plus encore, ce discours révèle une fracture intellectuelle et générationnelle profonde : celle d'un peuple tenu à distance du pouvoir, qui voit se prolonger une présidence sans vision, sans vitalité, sans incarnation réelle. La crise de légitimité devient alors inévitable. Le silence ne suffit plus à contenir l'érosion du lien entre gouvernants et gouvernés.

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