Madagascar: Première castration chirurgicale d'un délinquant sexuel

Maillet de justice

À Madagascar, un homme de 24 ans a été condamné jeudi 10 juillet à la castration chirurgicale et aux travaux forcés à perpétuité par la Cour criminelle ordinaire (CCO) d'Antananarivo. Il a été reconnu coupable de viol et de tentative de meurtre sur une enfant de six ans commis à Imerintsiatosika, une commune à une trentaine de kilomètres de la capitale. Sans recours connu à ce jour, il devrait être l'un des premiers condamnés du pays à être castré.

C'est la première peine de ce type prononcée à Antananarivo. Da-Willy, de son surnom, devrait être castré par des médecins réquisitionnés par le ministère de la Santé dans les prochains mois. Aucune date n'a été fixée pour l'intervention chirurgicale. « Pas de pitié », commente une source au sein du ministère de la Justice, qui espère, en attendant, que ce verdict sera dissuasif.

Les faits remontent à mars 2024 : l'homme, employé sur une ligne de taxi-brousse, demande à une enfant de six ans de le suivre à son domicile. Là, il la frappe, la viole et l'étrangle avant de la brûler avec des mégots de cigarette.

Une affaire très médiatisée

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À l'époque, l'affaire sordide, largement médiatisée, devient un symbole du « fléau » des viols sur mineurs que les autorités disent vouloir combattre, et le nom de Da-Willy un argument pour l'introduction de la peine de castration dans la loi malgache.

Depuis que la mesure de castration chirurgicale a été validée par la Haute cour constitutionnelle (HCC), plus haute juridiction du pays, sa mise en oeuvre n'a pas cessé de poser question, aux médecins en premier lieu, dont une partie refuse de se livrer à ce type d'opérations. D'autres voix se sont élevés sur la scène nationale. Dans un communiqué publié en mai 2024, l'Église catholique malgache avait notamment assimilé cette peine à un acte de « torture ».

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