Cameroun: Présidentielle 2025 - Atanga Nji désavoue l'investiture de Maurice Kamto par d'autres partis

17 Juillet 2025

Le climat politique camerounais s'échauffe à mesure que la présidentielle de 2025 approche. Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a tenu à adresser une mise en garde formelle aux formations politiques qui envisageraient d'investir Maurice Kamto en dehors de son parti, le MRC. Cette sortie musclée suscite interrogations et tensions dans les cercles politiques et citoyens.

Lors d'une conférence de presse tenue à Yaoundé, le ministre a employé une formule lourde de sens : « Il ne faut pas chercher à pleurer au deuil de quelqu'un plus que lui-même qui a deuil. » Ce propos, bien que métaphorique, vise directement les partis satellites ou alliés potentiels du professeur Kamto, soupçonnés de manoeuvrer pour le présenter malgré les obstacles juridiques ou administratifs pouvant peser sur sa candidature.

Ce rappel à l'ordre suggère que même une investiture par un autre parti ne garantit pas à Maurice Kamto une place sur la ligne de départ de la présidentielle. Le message est clair : l'administration camerounaise entend exercer un contrôle rigoureux sur la régularité des candidatures, peu importe leur origine.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Cette sortie de Paul Atanga Nji relance les débats sur la neutralité de l'appareil administratif dans le processus électoral au Cameroun. D'aucuns y voient une tentative de verrouillage politique visant à écarter l'opposition radicale du jeu démocratique. D'autres, en revanche, estiment qu'il s'agit d'un rappel légitime à la loi, dans un contexte où la légalité des candidatures sera scrutée à la loupe.

L'ancien candidat arrivé deuxième à la présidentielle de 2018 est depuis considéré comme l'un des principaux adversaires du régime en place. Son éventuel retour dans la course électorale pourrait rebattre les cartes, mais ce coup de semonce jette une ombre sur les perspectives de participation inclusive.

Dans cette ambiance électrique, les prochaines semaines seront décisives. Les états-majors politiques devront composer avec les règles institutionnelles et les signaux émis par le pouvoir central. L'éventualité d'un front uni derrière Maurice Kamto, en contournant les obstacles réglementaires, semble désormais compromise, à moins d'un retournement spectaculaire.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.