Sénégal: Aucun nouveau dossier depuis le dialogue national - La reddition des comptes marque le pas

17 Juillet 2025

Depuis quelques semaines, la lutte pour la reddition des comptes, engagée par les nouvelles autorités sénégalaises, semble connaître un coup d'arrêt. Après une première vague d'affaires visant de hauts dignitaires de l'ancien régime, les juridictions chargées d'instruire les dossiers le pool judiciaire financier et la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice connaissent un net ralentissement. Une pause qui coïncide avec la tenue du Dialogue national sur le système politique, ouvert le 28 mai et clôturé le 4 juin dernier par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Le Sénégal, il y a un an, amorçait une forte campagne de reddition des comptes avec arrestations. Depuis le Dialogue national de la fin mai, sans nouvelles procédures claires, le pays observe un net ralentissement qui ressemble à une mise en veille. Ce dialogue, qui a réuni près de 700 participants, dont plusieurs partis jadis alliés à l'ancien pou-

voir (AFP, Nouvelle Responsabilité d'Amadou Ba, LD, PIT...), semble avoir redessiné les priorités politiques. Depuis sa clôture, aucune nouvelle procédure judiciaire n'a été engagée contre les anciens responsables visés par les organes de contrôle. Pourtant, ces derniers - notamment dans le rapport explosif de la Cour des comptes sur la gestion des fonds Covid-19 - avaient formulé des recommandations claires, aujourd'hui restées sans suite.

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À ce jour, seuls cinq anciens dignitaires ont vu leur dossier transmis aux juridictions compétentes. Ce chiffre contraste avec les annonces initiales et les espoirs suscités par l'élection du nouveau président. Celui-ci avait pourtant affirmé, dès son discours du 3 avril 2024, qu'il engagerait une politique rigoureuse de gouvernance publique, articulée autour de la lutte contre la corruption, le détournement de fonds, la fraude fiscale et les

flux financiers illicites.

Dans cette optique, Bassirou Diomaye Faye avait ordonné la publication de tous les rapports de l'OFNAC et de la Cour des comptes, longtemps gardés secrets sous l'ancien régime. Ces documents ont bien été rendus publics, à l'exception notable de ceux de l'Inspection générale d'État (IGE), pourtant directement rattachée à la présidence.

Face au silence judiciaire observé depuis le Dialogue national, une question s'impose : la reddition des comptes a-t-elle été mise en veille au nom d'un consensus politique élargi ? Pendant que certains mis en cause vivent en

toute tranquillité, l'opinion attend des actes forts à la hauteur des promesses de rupture

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