Alassane Ouattara séjourne depuis le 4 juillet 2025 en France. Autant dire presque chez lui, tant il entretient des relations privilégiées avec l'Hexagone, ce pays dont il a épousé une ressortissante, Dominique, et où il possède notamment une résidence à Mougins dans le Sud.
Ce n'est donc plus tout à fait un événement, surtout quand il s'agit d'une visite privée comme celle-là. Mais privée pour privée, le chef de l'Etat ivoirien devrait s'entretenir hier mercredi 16 juillet avec Emmanuel Macron, comme c'est souvent le cas lors de ses différentes visites dans l'Hexagone.
La particularité de cette visite réside dans le fait qu'elle intervient à quelque trois mois de la présidentielle ivoirienne du 25 octobre prochain. Nombreux sont les observateurs de la scène politique ivoirienne qui se demandent si cette échéance se déroulera dans le calme et la sérénité, pour reprendre l'expression consacrée, dans la mesure où de nombreux nuages s'amoncèleraient au dessus de la Lagune Ebrié. La raison, nombre de prétendants à la magistrature suprême, pour ne pas dire les principaux, ne sont pas sur la ligne de départ pour diverses raisons. Il s'agit notamment de Laurent Koudou Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, en raison de leur condamnation par la justice ivoirienne, et qui sont déchus de leurs droits civiques, ainsi que Tidjiane Thiam, pour cause de double nationalité. Autant dire les poids lourds de la faune politique ivoirienne, alors que le locataire du palais de Cocody pourrait être candidat pour un quatrième mandat.
En effet, si le deuxième congrès électif du RHDP l'a formellement désigné comme candidat naturel à ce scrutin, Alassane Ouattara a réservé sa réponse. Une réponse qu'aussi bien ses partisans que ses adversaires attendent sans trop savoir quand est-ce qu'elle tombera. Nul doute donc qu'entre autres sujets, le plat politique du schéma ivoirien sera au menu des échanges entre les deux chefs d'Etat, sans qu'on sache véritablement si le locataire de l'Elysée, comme l'espèrent les adversaires du président ivoirien, parviendra à le convaincre de ne pas effectuer à 83 ans le match de trop.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Il faut dire qu'au regard des relations très étroites entre les deux pays, des intérêts colossaux que l'Hexagone a en Côte d'Ivoire, les dirigeants français marchent souvent sur des oeufs quand il s'agit d'évoquer des questions liées à la politique ivoirienne. Et toute la difficulté est de susciter un tel sujet brûlant sans donner l'impression de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays étranger.
De toutes les façons, pour beaucoup de personnes, il ne fait aucun doute qu'ADO sera sur la ligne de départ pour le 25 octobre prochain, et les mauvaises langues ne manquent pas de dire qu'il est allé pour donner la primeur de l'information à Macron, et qui sait, obtenir son soutien sous une forme ou une autre.
Le cas Thiam devrait aussi être sur la table. Le hic dans cette affaire c'est qu'Emmanuel Macron nourrirait quelque sympathie pour Thiam, dont il aurait d'ailleurs évoqué le cas antérieurement avec son hôte du jour. Mais à pratiquement un trimestre de l'échéance, on a bien peur qu'il ne puisse plus rien faire pour sauver son ami Thiam.