Le journaliste Alfoussini Togo, directeur de publication Canard de la Venise, a comparu jeudi 17 juillet devant le pôle judiciaire anti-cybercriminalité de Bamako. Le journaliste est accusé notamment d'« atteinte au crédit de l'État » en raison d'un article publié début avril dans lequel il remettait en cause des déclarations du ministre de la Justice du Mali, Mamoudou Kassogué. Jeudi, lors de son procès, le journaliste a reconnu les faits.
Le ministre Mamoudou Kassogué avait déclaré que l'indice de confiance des Maliens dans la justice de leur pays était passé de 30% à 72% en 2024, et que les Maliens savent s'ils se reconnaissent ou non dans ces chiffres. Dans son article, Alfousseini Togo avait jugé le sondage « pas fiable » et décrit un système judiciaire corrompu ou aux ordres.
Le journaliste reconnaît les faits
Accusé d'« atteinte au crédit de l'État », « injures » et « diffamation », le journaliste a choisi de reconnaître les faits et d'accepter ces chefs d'accusation. Il ne s'est pas fait assister par un avocat. « C'est une démarche d'apaisement », explique Alfousseini Togo, qui comparaissait libre. Il avait été relâché provisoirement le 12 mai, après avoir passé un peu plus d'un mois en prison.
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Pour sa famille et son journal
« Nous avons adopté cette stratégie pour qu'il reste auprès de sa famille », développe Albadia Dicko, président de l'Union nationale des jeunes éditeurs de presse du Mali, qui accompagne le journaliste depuis le début de l'affaire. « En cette période de précarité dans le pays, c'était nécessaire. Il faut aussi qu'il puisse continuer d'écrire et que son journal ne mette pas la clef sous la porte », ajoute-t-il.
De fait, les débats lors du procès ont été courts. La direction générale du contentieux de l'État (DGCE), partie plaignante, n'a pas demandé de peine de prison, mais une amende, tout de même, de 2 millions de francs CFA. Le procureur a requis une condamnation avec sursis et une amende à l'appréciation du tribunal. Le délibéré sera rendu le 28 juillet.