Le secrétaire général de la Présidence guinéenne, Amara Camara, a lancé un avertissement franc aux acteurs économiques du pays, pointant un mal profondément enraciné dans l'économie nationale : la faiblesse de la production locale. Lors d'une réunion avec les membres du Conseil national du patronat (CNP-G), il a dénoncé une économie de consommation dominée par les importations et alimentée par une dépendance chronique à l'extérieur.
« Tant que nous n'allons pas produire ce que nous consommons, nous resterons vulnérables et à la merci des chocs extérieurs », a-t-il déclaré avec fermeté.
Une économie fragile, malgré les ressources
Malgré ses ressources naturelles abondantes, notamment en bauxite, en or et en fer, la Guinée reste largement dépendante des importations pour subvenir à ses besoins alimentaires, industriels et énergétiques. Selon les données de la Banque mondiale, les importations de biens et services représentaient plus de 43 % du PIB en 2023, un niveau jugé préoccupant pour un pays qui aspire à l'émergence.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Amara Camara a exprimé son inquiétude face à cette dépendance, la qualifiant de « talon d'Achille de notre économie », et a appelé les opérateurs privés à jouer un rôle plus structurant dans le développement d'une production nationale compétitive.
L'autosuffisance : une priorité stratégique
Le gouvernement de la transition multiplie les initiatives pour soutenir les filières locales, notamment dans l'agriculture, l'agro-industrie et les énergies renouvelables. Toutefois, les défis sont nombreux : faiblesse des infrastructures, accès limité au crédit, instabilité politique et manque de qualification dans certaines filières-clés.
« La vraie bataille est celle de la production. C'est elle qui nous donnera une souveraineté réelle », a insisté Amara Camara.
Un appel aux investisseurs nationaux
Le discours du ministre s'inscrit dans une volonté de responsabiliser les acteurs économiques locaux. Il leur a lancé un appel à investir davantage dans la transformation locale des matières premières et dans la création d'emplois durables. Un appel également adressé à la diaspora guinéenne, souvent sollicitée pour son expertise et sa capacité de financement.
À retenir
- Le constat : L'économie guinéenne est dominée par les importations, un déséquilibre structurel inquiétant.
- L'enjeu : Relever le défi de la production locale pour garantir la souveraineté économique.
- L'appel : Le gouvernement interpelle les opérateurs privés à jouer un rôle moteur dans le redressement productif du pays.