La Guinée vient d'officialiser les chiffres provisoires du nouveau fichier électoral biométrique, à l'issue du recensement national piloté par le ministère de l'Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD). 6 748 923 électeurs sont désormais enregistrés, selon les données dévoilées ce vendredi, à Conakry, par la directrice nationale des affaires politiques, Djénabou Touré, devant les plus hautes autorités du pays.
Mais au-delà des chiffres, une date s'impose désormais comme ligne d'horizon politique : le 21 septembre 2025.
« Cette date est une ligne rouge infranchissable », a déclaré avec fermeté Ibrahima Kalil Condé, ministre de l'Administration du territoire, en marge de la présentation, en référence au référendum constitutionnel annoncé par la junte au pouvoir.
Un fichier électoral permanent pour une nouvelle gouvernance
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Le nombre de 6,7 millions d'électeurs inclut la diaspora et reflète une croissance de plus de 1,3 million d'inscrits par rapport au fichier de 2020. Il s'appuie sur une base inédite : le Registre national des personnes physiques (RNPP), qui recense désormais 9 millions de Guinéens âgés de 10 ans et plus.
Cette base servira désormais de réservoir permanent pour le fichier électoral, comme l'a précisé Djénabou Touré :
« C'est une avancée majeure : fini les recensements électoraux de masse. Le fichier sera mis à jour annuellement grâce à l'état civil et au registre national. »
Ce nouveau système ambitionne de fiabiliser le corps électoral, de réduire les fraudes, et d'alléger le coût des opérations électorales.
Objectif : référendum constitutionnel en septembre
La déclaration tranchante d'Ibrahima Kalil Condé confirme la volonté du gouvernement de maintenir le cap vers un référendum constitutionnel le 21 septembre, comme prévu dans le chronogramme de la transition. Cette date, martèle-t-il, n'est pas négociable.
Cette sortie ferme intervient alors que des doutes grandissent dans l'opinion publique sur la faisabilité du calendrier électoral, notamment en raison des retards passés dans les autres étapes de la transition.
« Il ne s'agit pas d'un agenda imposé, mais d'un engagement pris devant le peuple guinéen et les institutions », a insisté le ministre.
Une dynamique de dialogue avec les acteurs
Dès le lendemain, samedi 19 juillet, le MATD entame une série de rencontres avec les partis politiques, les organisations de la société civile, les ambassades et les partenaires techniques. Objectif : garantir l'appropriation du processus électoral par l'ensemble des acteurs nationaux.
Selon plusieurs sources, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devrait confirmer dans les jours à venir les préparatifs du référendum, notamment l'impression des listes électorales, la cartographie des bureaux de vote, et la formation des agents électoraux.
Avec un fichier électoral désormais permanent, une hausse historique du nombre d'électeurs et un calendrier électoral verrouillé, la Guinée semble déterminée à boucler une étape cruciale de sa transition. Mais l'enjeu est aussi politique : réussir à faire voter une nouvelle Constitution dans un climat de confiance, d'inclusion et de transparence, trois conditions que le gouvernement devra désormais prouver, bien au-delà des promesses.