Le processus de modernisation électorale franchit une nouvelle étape en Guinée. Le ministère de l'Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), à travers sa Direction générale des Élections, a présenté ce vendredi à Conakry les statistiques provisoires du registre national des personnes physiques et du fichier électoral biométrique.
La présentation, tenue à huis clos dans un hôtel de la capitale, a réuni le Premier ministre Bah Oury, les présidents des institutions républicaines, les membres du CNRD, ainsi que plusieurs membres du gouvernement. À la tribune, c'est Djénabou Touré, directrice nationale des affaires politiques et de l'administration électorale, qui a communiqué les chiffres-clés.
« En termes de statistiques provisoires, nous avons pu enregistrer 9 millions de Guinéens âgés de 10 ans et plus. Après traitement des doublons, le nombre d'électeurs s'élève à 6 748 923 sur l'ensemble du territoire, y compris la diaspora, avec 48,2 % d'hommes et 51,8 % de femmes », a-t-elle annoncé.
Un registre permanent pour sortir des recensements cycliques
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Au-delà des chiffres, c'est une réforme structurelle majeure que Djénabou Touré a mise en avant : la création d'un fichier électoral permanent, alimenté directement par le Registre national des personnes physiques (RNPP) et l'état civil.
« Nous n'aurons plus besoin d'organiser de grands recensements électoraux de masse. Ce registre va s'actualiser chaque année. C'est une avancée historique pour la gestion des processus électoraux en Guinée », a-t-elle expliqué à la presse après la rencontre.
L'objectif affiché est clair : fiabiliser durablement le fichier électoral, éviter les mobilisations coûteuses, limiter les risques de manipulation, et garantir la tenue régulière des élections conformément à un calendrier républicain.
Un cadre élargi, des acteurs mobilisés
Cette restitution est la première étape d'une série de rencontres. Dès ce samedi 19 juillet, le ministère prévoit des sessions de travail avec les partis politiques, les ambassades, la société civile, ainsi que les partenaires techniques internationaux (CEDEAO, OIF, ONU).
Cette dynamique marque ce que le MATD qualifie de « rectification institutionnelle » de l'ensemble du système électoral guinéen, au cœur de la transition en cours. La Guinée s'oriente ainsi vers un modèle de gestion électorale modernisé, censé rompre avec les irrégularités chroniques du passé.
Une hausse d'électeurs significative
Le chiffre de 6 748 923 électeurs représente une augmentation de plus de 1,3 million par rapport à 2020. Ce bond démographique s'explique par une meilleure couverture du territoire, l'implication accrue de la diaspora, et l'amélioration des outils biométriques.
Pour mémoire, ce fichier intègre pour la première fois les données du Registre national des personnes physiques, créé en parallèle du recensement national biométrique lancé début 2024. Près de 9 millions de Guinéens âgés de 10 ans et plus ont été recensés dans cette base de données, qui sert désormais de fondement au corps électoral.
La Guinée entre dans une nouvelle ère de gouvernance électorale avec un fichier électoral permanent, actualisé et plus transparent. Reste à traduire cette base technique en échéances politiques claires : à ce jour, aucune date officielle pour les scrutins présidentiels et législatifs n'a été annoncée. Mais pour les autorités, la machine est lancée, et cette réforme constitue une promesse de stabilité et de régularité démocratique à concrétiser.