Madagascar: Premier hommage public aux victimes d'Ambohimalaza en plein silence des autorités

À Madagascar, un millier de personnes se sont réunies vendredi 18 juin en mémoire des 31 personnes mortes après avoir consommé de la nourriture suspecte lors d'une fête d'anniversaire organisée il y a un mois près de la capitale. L'hommage a pris la forme d'un culte organisé par une association de pasteurs de différentes églises et appuyé par des élus locaux d'opposition. L'affaire, l'un des plus grands drames qu'ait connus Madagascar ces dernières années, a pris une dimension politique depuis que l'État est pointé du doigt pour son silence et son manque de transparence.

Le stade en plein air du nord-est de la capitale déborde malgré les températures hivernales. Après des prières et des chants, une somme d'argent symbolique issue de la quête est remise à quelques familles de victimes présentes au premier rang. Un geste de solidarité initié par une poignée de conseillers municipaux d'opposition. L'un des seuls auxquels les proches ont eu droit. Kanto a perdu son ami Tiavina la semaine passée.

« Ce qu'on constate en ce moment, c'est que l'opposition est là. On ne sait pas réellement s'ils sont sincères ou pas. Mais on sait juste qu'ils nous soutiennent, du moins je le crois et je l'espère, pour que l'État réagisse au moins. Les autorités négligent la situation, on a reçu aucun signe de leur part à ce jour ».

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Méfiance envers le discours officiel

Alors que les décès se succèdent depuis un mois, les autorités sont pointées du doigt par la population pour leur mauvaise gestion de la crise. En cause, l'absence d'information claire sur l'origine exacte des décès et l'absence de traitement spécifique administré à la dizaine de patients encore hospitalisés.

À ceux qui l'accusent de récupération politique, Clémence Raharinirina, conseillère municipale TIM, premier parti d'opposition, répond qu'elle ne peut pas rester passive. « Ce qu'on espère, c'est que les autorités fassent leur devoir pour rendre justice. Donc, s'ils ne le font pas, nous, on se sent responsables ! On ne va pas rester les bras croisés, en tant qu'élus, en tant que citoyen et en tant que malagasy ».

Ces derniers jours, la méfiance envers le discours officiel n'a cessé de grandir. Les autorités continuent de parler d'un empoisonnement, sans communiquer de preuves. Les victimes du drame présentent des symptômes typiques du botulisme, une maladie grave provoquée par une puissante toxine présente dans la nourriture mal conservée. Une piste que les autorités malgaches n'ont jamais considérée.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.