Ile Maurice: Casinos en crise - Pertes chroniques et primes injustifiées font grincer des dents

Huit mois après l'installation du nouveau gouvernement, l'absence persistante d'un board à la State Investment Corporation (SIC) suscite incompréhension et colère. En ligne de mire : la gestion des casinos relevant de la SIC Management Services Co Ltd, dont la situation financière ne cesse de se détériorer. «On était déjà dans le rouge, mais aujourd'hui, la situation empire», alerte un employé.

Face à ces pertes grandissantes, le personnel ne cache pas son exaspération, d'autant que certaines dépenses jugées futiles continuent d'augmenter. «Alors qu'on nous demande de faire preuve de rigueur budgétaire, certains bénéficient de privilèges injustifiables», dénoncent-ils. Et pour cause : des promotions silencieuses, des primes revalorisées de manière unilatérale et des noms de ministres utilisés pour légitimer des passe-droits.

Selon des employés, un cadre se serait vu attribuer un poste à responsabilité sans aucun appel à candidature. Cerise sur le gâteau : son allocation de transport aurait grimpé de Rs 9 500 à Rs 13 500 - une hausse de Rs 4 000 - avec effet rétroactif au 25 février 2025, mais versée seulement à partir d'avril. «C'est injuste envers les autres Duty Managers, qui n'ont rien obtenu alors que les caisses sont vides», lâche un membre du personnel.

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L'homme en question, affirment certains, ne se gênerait pas pour évoquer ses «relations» avec des personnalités politiques. Une façon de justifier ses largesses et ses promotions, selon ses collègues.

Ce favoritisme perçu va de pair avec une politisation croissante de certains employés depuis les dernières élections générales. «Ils ont changé de camp et flattent ouvertement une VVIP sur les réseaux sociaux. Résultat : ils sont récompensés, alors que nous, sur le terrain, on peine à maintenir le navire à flot.» À titre d'exemple, l'allocation recherchée depuis trois ans pour l'octroi des uniformes est toujours en suspens, alors que cela a déjà été discuté par le syndicat depuis l'année dernière.

La situation soulève une question de fond : comment des décisions aussi sensibles sont-elles prises alors qu'aucun conseil d'administration n'est en place ? «Nos droits collectifs sont ignorés. Le management agit sans consultation ni transparence. À quoi bon parler de redressement si les pratiques internes sapent tout effort de rigueur ?», interrogent les travailleurs, toujours dans l'attente de réponses.

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