Les cadres nommés par Ali Bongo à la tête du Parti démocratique gabonais (PDG) veulent se réunir à Libreville ce 21 juillet 2025 au siège du PDG, alors que celui-ci est occupé par une autre direction, issue d'un congrès organisé en début d'année. Cette dernière, qui a le soutien implicite des nouvelles autorités gabonaises, affirme « qu'il n'y a qu'un seul Secrétaire général et un seul président. Ce sont ceux qui ont été élus le 31 janvier dernier ». Explications.
Au Gabon, le combat pour le contrôle du Parti démocratique gabonais (PDG, l'ancien parti unique qui a dirigé le pays durant 56 ans) prend une nouvelle tournure. Actuellement en exil à Londres, Ali Bongo a réaffirmé qu'il demeure le président du PDG. À ce titre, il a nommé Ali Akbar Onanga Y'Obegue au poste de Secrétaire général pour réorganiser le parti et préparer les futures élections.
Problème : en janvier dernier, un congrès du parti s'est tenu à Libreville. Blaise Louembé a été élu nouveau président et Angélique Ngoma, Secrétaire générale du parti. Ces derniers, qui ont le soutien implicite des nouvelles autorités, occupent le siège du parti.
« Nous ferons constater un blocage par huissier de justice »
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Mais ce lundi, les cadres nommés par Ali Bongo ont annoncé qu'ils se réuniront dans ce même siège. Ali Akbar Onanga Y'Obegue, lui, ne sera pas présent à la réunion. Il est actuellement en consultation auprès de son président en Europe. La rencontre sera dirigée par son adjoint Arthur Benga Ndjémé.
Il s'agira d'une réunion de prise de contact avec les cadres récemment confirmés à leur poste par Ali Bongo. « Si l'accès est possible, la réunion se tiendra. Mais si des individus empêchent l'accès, nous ferons constater ce blocage par huissier de justice », a affirmé Ali Akbar Onanga Y'Obegue, joint par téléphone. Il a précisé que les cadres du parti ont reçu la consigne de ne pas céder à la provocation.
Actuellement, la sécurité du siège est assurée par des policiers aux ordres d'Angélique Ngoma. « Il n'y a qu'un seul Secrétaire général et un seul président. Ce sont ceux qui ont été élus le 31 janvier dernier », a sèchement répondue Angélique Ngoma contactée par RFI.
Un congrès jugé « illégal » par les proches d'Ali Bongo. C'est donc un bras-de-fer qui commence, car aucun camp ne reconnaît l'existence légale de l'autre.
Ali Bongo Ondimba, qui a dirigé le Gabon de 2009 à 2023 après avoir succédé à son père Omar Bongo (1967-2009), a été renversé par un coup d'État le 30 août 2023.
Vainqueur de la dernière présidentielle avec 94,85% des voix, Brice Oligui Nguema, ancien général putschiste puis président de transition, a, lui, été élu en avril pour un mandat de sept ans.
