Riadh Fehri est à l'affiche de la deuxième soirée du Festival international de Carthage. Il sera sur scène ce soir, dimanche 20 juillet, avec Sayaka Katsuki, Marcello Biondolillo et Brennan Glimore. Dans cette interview, il nous donne les détails de ce concert aux sonorités variées.
Le spectacle « Tapis Rouge 2 » évoque-t-il une suite logique du premier «Tapis Rouge» qui remonte à 2009 ?
Oui, tout à fait. On peut le voir comme une continuité, mais enrichie. C'est une mise à jour avec de nouveaux éléments. Avec le recul, il y avait des choses que j'aurais aimé intégrer dans le premier spectacle mais que je n'ai pas pu réaliser à ce moment-là. Cette fois, je saisis l'occasion de les concrétiser. Il y a beaucoup de nouveautés, notamment des sonorités différentes et inattendues.
Vous serez accompagné d'une Japonaise, d'un chef d'orchestre italien, d'un violoniste et vous-même jouerez du oud. Avec ce mélange d'origines culturelles, à quel genre de musique peut-on s'attendre exactement ?
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Ce sera plutôt une musique populaire. Ce n'est donc pas le style symphonique classique. Le répertoire ira du flamenco au country en passant par des chants napolitains du sud de l'Italie, bien sûr des airs tunisiens, une chanson dédiée aux enfants de Ramallah, du jazz, du jazz latino... On explore au moins six ou sept univers musicaux. Il y aura aussi un segment destiné aux enfants avec le Playtoys Orchestra. C'est un orchestre italien original qui utilise des jouets comme instruments.
Le public pourra-t-il reconnaître les morceaux et chanter avec vous ?
Oui, c'est justement l'idée. Nous sommes dans un esprit variété accessible tout en laissant la place à la découverte. Le contenu répond à tous les goûts. Ce sera un concert festif, vivant, rythmé, avec aussi une pensée particulière pour la Palestine.
Combien de musiciens seront présents sur scène pour ce spectacle ?
Nous serons 73 musiciens au total. Il y aura un choeur, ainsi que sept chanteurs. Ce concert marquera aussi le grand retour de Wissem Karoui. Le public pourra également entendre une chanteuse de l'Orchestre symphonique de Barcelone ainsi que d'autres voix exceptionnelles comme l'Italienne Chiara Minaldi.
Vous êtes également enseignant de musique et très impliqué dans votre conservatoire. Durant la période du Covid, vous avez lancé une initiative originale en collaboration avec des musiciens étrangers. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Pendant le confinement, j'ai mis en place une plateforme en ligne destinée à l'apprentissage de la musique. Elle a permis aux enseignants du conservatoire de continuer à exercer et de maintenir leurs revenus malgré la situation. J'y ai invité plusieurs amis solistes venus de différents pays qui ont animé des worshops virtuels pour nos élèves.
Cette initiative a été rendue possible grâce à mon double profil puisque je suis aussi ingénieur en informatique. Je travaille également sur un projet de musique robotique, ce qui signifie que je crée des robots capables de jouer de la musique. Et je peux déjà vous dire que cela fera l'objet d'une surprise pendant le spectacle !
Peut-on dire que le partage et l'ouverture aux cultures du monde sont au coeur de votre démarche artistique ?
Absolument. Depuis mes débuts, j'ai toujours cherché à me démarquer par une ouverture aux influences diverses. J'ai commencé très jeune dans le domaine musical. En 1993, j'ai composé un morceau pour Lotfi Bouchnak et c'est à cette occasion que j'ai fait ma première apparition sur la scène de Carthage, accompagné de l'Orchestre symphonique de Rome.
«Tapis Rouge 2» marquera mon septième passage sur cette scène mythique qui occupe une place très particulière dans mon coeur. J'habite tout près et je ressens un attachement intime à cet amphithéâtre.
Quand je conçois un concert, je veux qu'il ne soit jamais monotone. J'y intègre du rythme, des surprises, des contrastes... Le Tunisien, par nature, est curieux et réceptif aux cultures du monde. Moi-même, je suis issu d'un métissage culturel puisque ma mère est grecque et mon père a des origines lointaines andalouses. Je retranscris donc naturellement cette richesse dans ma musique. Mon travail artistique est ainsi spontanément et constamment tourné vers l'international.