Cameroun: Crise au PCR - Cabral Libii toujours président malgré une procédure d'urgence contestée

22 Juillet 2025

La scène politique camerounaise continue de défier toute logique, exposant des pratiques judiciaires et partisanes qui confondent même les plus aguerris. Une situation ubuesque secoue actuellement le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), alors qu'un ancien membre, n'ayant plus de légitimité juridique au sein du parti, tente d'engager une procédure en référé d'heure à heure pour faire annuler le congrès ayant confirmé Cabral Libii comme candidat du PCRN à la présidentielle de 2025.

Ce recours, hautement exceptionnel, laisse perplexe. En effet, la décision de justice reconnaissant Cabral Libii comme président du parti reste valide, l'appel interjeté n'ayant aucun effet suspensif. Pourtant, cet ancien membre parvient à obtenir une assignation contre les dirigeants du parti, autorisant ainsi l'ouverture d'une procédure d'extrême urgence, normalement réservée aux situations de péril imminent. Juridiquement, la légitimité de l'assignation interroge : en quelle qualité agit-il, s'il n'est plus membre du PCRN ?

Pour comprendre l'ampleur de cette action, il est essentiel de rappeler qu'une procédure en référé d'heure à heure au Cameroun permet de saisir un juge sans respecter les délais classiques, uniquement en cas de menace grave et immédiate. Dans le cas présent, il ne s'agit pas encore d'une annulation du congrès, mais d'une tentative de l'initier par voie judiciaire urgente.

Le fond de l'affaire révèle une réalité politique troublante : une instrumentalisation apparente de la justice pour semer la confusion au sein d'un parti stratégique à l'approche des échéances électorales. Mais pour l'instant, la ligne est claire : Cabral Libii reste le président légitime du PCRN, jusqu'à ce qu'une décision de justice vienne en décider autrement. Ce rebondissement illustre la complexité du jeu politique camerounais, entre procédures légales, luttes internes et stratégies d'obstruction.

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Dans ce contexte, la stabilité des partis politiques devient un enjeu majeur. Les Camerounais, de plus en plus attentifs, observent avec vigilance. La crédibilité du processus démocratique repose aussi sur la cohérence institutionnelle et le respect des textes, tant au sein des partis que dans les juridictions appelées à trancher.

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