Sénégal: L'Etat invité à assurer la prise en charge de la nutrition infantile, surtout en zone défavorisée

Diourbel — La responsable du Centre de récupération et d'éducation nutritionnelle, Marie Cécile Diack, invite l'Etat sénégalais à prendre en charge la question de la nutrition des enfants, surtout en milieu défavorisé.

"Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités en matière de nutrition, parce que ces enfants, ce sont les enfants de demain. Il y a beaucoup de problèmes nutritionnels et d'état civil (...) à Bambey et environs, et la population n'a pas où aller", a déploré Mme Diack.

Elle accueillait une délégation de l'Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD) dans le cadre d'une caravane de presse organisée, dans la région de Diourbel en collaboration avec la fondation Bill et Mélinda Gates.

Examinant des triplés malnutris, la sage-femme regrette que la famille n'ait pas été prise en charge par des assistants sociaux. "On ne doit plus voir cela au Sénégal", s'indigne-t-elle. Les trois enfants ont été hospitalisés pour cause de malnutrition aigüe sévère avec complication.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

"S'ils continuaient comme ça, ils allaient chopper la maladie du kwashiorkor [une malnutrition résultant d'une grave carence en protéines]. Leur maman a dix-neuf ans. Ils auront huit mois la semaine prochaine. Ils pesaient 3 kilos 800 les deux et l'autre 3 kilos 900. Un poids qui n'est pas normal", a relevé Marie Cécile Diack. Elle indique qu'une mère ayant donné naissance à des triplés doit toujours se rapprocher de l'hôpital où a eu lieu l'accouchement.

"Ils ont un retard de croissance très sévère. Quand on évalue, poids pour âge et taille pour âge, leur poids ne figure pas dans la courbe d'évaluation", fait remarquer la sage-femme. "Si leur maman s'était rapprochée de la pédiatrie, allait à Thiès chaque mois pour peser les enfants, il y aurait eu une clémence. Peut-être que l'assistant social ou le pédiatre allait dire que ces gens-là ont besoin d'aide. Il s'agit d'un problème de moyens mais également d'ignorance", tente d'expliquer la responsable du CREN.

Elle déplore l'absence de conseillers en nutrition dans les structures sanitaires. "Quand on demande à la personne de venir, il faut savoir l'orienter. Dans nos structures de santé, il n'y a pas de conseiller en nutrition, il n'y a que les médecins et les pédiatres. Tout ce qu'on fait, ce sont les médecins qui prennent en charge ou, s'ils voient un cas, réagissent", explique Mme Diack pour s'en désoler.

Après avoir examiné l'état de santé des triplés, elle livre un pronostic pour le moins alarmiste en indiquant qu"'ils sont à risque de décès". "On sera obligé de leur donner du lait artificiel. Il y aura toujours des séquelles", prévient-elle.

Selon elle, les bébés étant nés avec un peu plus de trois kilos et la croissance étant continue, "ils pourront récupérer petit à petit", mais à condition que leur maman "soit encadrée, que les intrants soient là et qu'on leur donne du lait de manière périodique".

Cependant, l'un des goulots d'étranglement est que Marie Cécile Diack ne dispose que d'une seule salle pour prendre en charge les enfants malnutris qu'accueille son centre. En conséquence, "il arrive que les malades se mettent par terre", regrette-t-elle. La région de Diourbel compte 5000 enfants malnutris, soit un taux de 17,1% largement supérieur à la moyenne nationale de 10%.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 120 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.