Cameroun: Double emploi - Le cas Hector Eto Fame embarrasse le ministre Fame Ndongo

23 Juillet 2025

Le débat sur le double emploi au Cameroun vient de prendre une tournure singulière avec le cas d'Hector Eto Fame, fils du ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo. En 2020, alors qu'il n'avait pas encore terminé sa première année de doctorat, ce dernier est recruté comme enseignant au département de droit public de l'Université de Douala. Parallèlement, il est nommé administrateur civil, sous-préfet d'Édéa, puis affecté à Kribi.

Cette double situation pose question. Comment un fonctionnaire de l'administration territoriale peut-il également bénéficier d'un poste permanent dans une université publique, sans avoir mené à terme un cycle doctoral complet, condition généralement requise dans l'enseignement supérieur ? À l'heure où le MINESUP lui-même convoque, le mardi 22 juillet 2025, tous les enseignants en situation de double emploi dans les universités camerounaises, la position de son fils devient un véritable cas d'école.

Plus troublant encore, l'objet de la convocation ministérielle cible spécifiquement les enseignants issus des recrutements spéciaux, un groupe distinct auquel Hector Eto Fame ne semble pas appartenir. Cette manoeuvre, perçue par de nombreux observateurs comme une stratégie d'exclusion sélective, soulève des doutes sur l'impartialité du traitement de cette problématique nationale.

La transparence dans la gestion des ressources humaines publiques est un principe cardinal dans tout État moderne. Or, dans ce cas précis, c'est l'inverse qui semble se produire : le ministre paraît chercher à sanctionner des situations qu'il tolère au sein même de son cercle familial. Loin de redonner confiance à la communauté universitaire, cette initiative jette un voile d'incohérence sur la gouvernance actuelle du secteur.

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Les jeunes chercheurs, souvent exclus du circuit par manque de soutien ou de réseau, voient dans cette affaire un symbole de l'impunité élitiste. Comment promouvoir l'excellence académique si l'ascension de certains repose non pas sur le mérite, mais sur des passerelles opaques facilitées par des positions d'autorité ? Le mérite doit-il céder le pas à l'appartenance ?

Dans un pays où les tensions sociales sont vives et les perspectives d'avenir souvent incertaines, l'exemplarité des dirigeants et de leurs proches devient une exigence. La situation d'Hector Eto Fame, parce qu'elle reflète une contradiction flagrante entre discours politique et réalités administratives, met à mal la crédibilité du combat contre les abus dans la fonction publique. Elle appelle à une clarification rapide, honnête et publique. Car à ce stade, c'est moins un cas individuel qu'un système qui est mis en accusation.

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