Congo-Kinshasa: Programme de désarmement et de réinsertion des rebelles - Un vent nouveau venu de Washington et de Doha

Le programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation est-il en passe de reprendre ses activités en République démocratique du Congo ?

C'est ce qui semble en tout cas se profiler à l'horizon dans le Nord-Kivu. L'annonce de ce nouveau souffle pour le PDDRC-S a été faite à Béni par le coordonnateur par intérim de cette province, Sukisa Ndayambaje.

À cette occasion, il a appelé les groupes armés à déposer les armes afin de briser le cycle de la violence. « Nous allons mettre en place tous les mécanismes nécessaires pour pacifier l'est de la RDC et, surtout, notre province du Nord-Kivu. Je demande à la population d'accompagner le PDDRC-S dans ses activités », exhorte-t-il. Pour mémoire, le PDDRC-S a été mis en place en 2021 avec pour objectif principal de stabiliser les zones sortant des conflits armés.

Il s'agit en réalité d'un véritable travail de réinitialisation et de resocialisation des personnes qui n'ont souvent connu que le langage des armes. Autant dire un vaste chantier dans ce pays de 2 344 858 km² où les groupes armés se comptent par dizaines, notamment dans l'est.

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Au total, ce ne sont pas moins de cinquante groupes qui sont concernés par cette opération, à laquelle sont toujours confrontés les pays ayant connu des conflits longs, souvent avec des résultats très mitigés.

Force est de reconnaître que depuis le lancement de l'initiative, avec le soutien de la MONUSCO, les effets concrets et réels sur le terrain tardent à se faire sentir. Fort heureusement, depuis quelque temps, un vent nouveau souffle sur la RDC avec l'accord signé à Washington entre le gouvernement congolais et le Rwanda le 27 juin 2025, ainsi que la signature le 19 juillet à Doha d'un accord de principe entre le gouvernement congolais et le M23.

Ces deux avancées politico-diplomatiques majeures devront cependant faire face à l'épreuve du terrain de la RDC pour en mesurer l'efficacité. Dans ces deux arrangements, le PDDRC-S joue un rôle important, car il est difficile d'imaginer remettre dans la nature des combattants qui, s'ils ne sont pas occupés sainement, pourraient très rapidement se recycler dans de nombreuses activités criminelles.

Pour le moment, il ne s'agit que d'une simple déclaration d'intention dans le Nord-Kivu, et le plus dur va certainement commencer, dans la mesure où le programme devrait débuter par le retrait de tous les groupes armés, notamment les FDLR. Ces derniers, faut-il le rappeler, constituent le noeud gordien à trancher. En effet, Kigali a toujours utilisé la présence des FDLR à la frontière rwandaise et leurs incursions au Rwanda pour justifier la guerre de rapine qu'elle mène depuis si longtemps au pays de Lumumba.

Reste à voir si ces troupes armées vont se laisser faire aussi facilement, d'autant plus qu'auprès des Forces armées de la République démocratique du Congo combattent également les miliciens wazalendo, qui devraient aussi être concernés par le programme de désarmement.

Autant dire que les accords de Washington et de Doha, s'ils sont porteurs d'espoir et d'espérance, il est encore trop tôt pour mesurer concrètement les résultats qu'ils produiront dans le domaine crucial du désarmement et de la réinsertion.

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