Le quotidien Pakistan Observer a publié hier une interview avec l'ambassadeur du Soudan au Pakistan, l'ambassadeur Saleh Mohamed Ahmed, dans laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment les relations bilatérales entre le Soudan et le Pakistan ainsi que l'évolution de la situation au Soudan à la lumière de la rébellion de la milice des Forces de soutien rapide (FSR).
L'ambassadeur a souligné que les deux pays entretiennent des relations historiques fondées sur le respect mutuel, les valeurs islamiques, la similitude des traditions et des coutumes, ainsi que des défis communs. Il a affirmé que le Soudan et le Pakistan disposent d'une bonne coordination dans les forums régionaux et internationaux.
Il a également révélé l'intérêt des deux pays à renforcer le commerce et l'investissement dans plusieurs domaines, notamment l'agriculture, les industries pharmaceutiques, les mines, le textile et l'éducation, exprimant l'espoir que l'avenir proche verra des avancées concrètes en ce sens.
Concernant la politique étrangère du Soudan, l'ambassadeur a indiqué qu'elle repose sur les principes de coopération bilatérale et internationale, de non-ingérence dans les affaires internes des États, et de bon voisinage.
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Il a aussi souligné que le Soudan regorge de sites historiques et naturels qui en font une destination touristique prometteuse.
En réponse à une question sur la guerre en cours au Soudan, l'ambassadeur a précisé qu'il s'agit d'un conflit entre l'armée nationale légitime et la milice rebelle des Forces de soutien rapide, rejetant toute qualification de guerre civile.
Il a expliqué que le conflit a débuté en avril 2023 lorsque la milice a attaqué le quartier général des forces armées, la base aérienne de Merowe, ainsi que plusieurs sites militaires et civils, dans une tentative de prise du pouvoir par la force. Il a accusé la milice d'avoir commis des atrocités et des crimes de guerre, notamment des viols, des massacres de civils -- y compris des femmes et des enfants -- ainsi que la destruction de biens publics et privés.
L'ambassadeur a souligné que plusieurs pays islamiques, dont l'Arabie saoudite et l'Égypte, ont joué un rôle important en soutenant le Soudan et en menant des efforts de médiation en vue d'un règlement pacifique du conflit. Il a également évoqué l'aide humanitaire fournie par le Pakistan au Soudan.
Il a affirmé que la guerre n'aurait pas pu durer aussi longtemps sans le soutien des Émirats arabes unis à la milice, exprimant son regret face à l'insistance des Émirats à fournir un soutien politique, logistique et militaire à cette dernière. Il a également dénoncé les tentatives émiraties d'influencer certaines organisations régionales pour déformer les faits au profit de la milice contre l'armée soudanaise, réaffirmant la détermination du Soudan à vaincre la milice.
Enfin, il a indiqué que le Soudan a commencé à mettre en oeuvre une feuille de route pour parvenir à la paix, avec la nomination du Dr Kamil Idris comme Premier ministre doté de pleins pouvoirs, qui a entamé la formation de son gouvernement civil composé de ministres technocrates qualifiés.