Sénégal: FORTESA - Arriérés et silence de la direction - Les travailleurs prêts à paralyser la production du Gaz

24 Juillet 2025

Les travailleurs du secteur pétrolier et gazier, regroupés autour de l'affaire Fortesa, ont haussé le ton mercredi 23 juillet, lors d'un point de presse tenu à Dakar. Après quatre longues années d'attente et de promesses non tenues, ils dénoncent un climat de précarité aggravé par des arriérés de salaires persistants. Face à l'immobilisme de la direction, ils annoncent qu'ils n'excluent plus aucun recours syndical pour se faire entendre.

« Cela fait plus de quatre ans que les travailleurs broient du noir à ce jour, malgré de multiples engagements pris par la direction, les arriérés de salaires continuent d'être reportés aux calendes grecques », a déclaré Sara Konaré, secrétaire général du Syndicat du pétrole et du gaz. Une situation rendue encore plus insupportable depuis l'incendie survenu au puits de Gadiaga le 19 décembre 2020. Depuis ce sinistre, de nombreux employés ont été placés en chômage technique officieux, d'autres contraints à ne travailler que quelques jours par semaine. Seuls les opérateurs et les agents de sécurité sont maintenus à temps plein.

Le secrétaire général détaille un enchaînement de décisions unilatérales prises par l'entreprise : « Le 29 mars 2021 marque le début de ce simulacre de chômage technique total pour l'ensemble du personnel. À partir du 10 avril 2021, bis repetita : un chômage technique partiel est instauré jusqu'au 30 septembre de la même année. Les notes de service du 6 octobre 2021 et du 1er janvier 2022 prolongent ce dispositif irrégulier jusqu'au 31 mars 2022 », a-t-il rappelé.

Pourtant, les travailleurs ont tenu bon. Par loyauté, par sens du devoir. « Certains d'entre eux ont plus de dix ans d'ancienneté dans l'entreprise, et considèrent encore Fortesa comme leur maison. Mais cette loyauté ne peut plus être une excuse au silence, ni au mépris », a ajouté M. Konaré.

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Ce sont près d'une centaine de personnes qui se trouvent aujourd'hui dans cette situation de précarité prolongée. Affiliés à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal-Forces du changement (Cnts-Fc), les membres du syndicat affirment qu'ils sont désormais prêts à utiliser tous les moyens légaux pour faire valoir leurs droits.

« À défaut d'une réponse rapide et concrète de la part de la Direction, les travailleurs se réservent le droit, suite à l'expiration du préavis de grève depuis le 2 juillet, de décréter un mot d'ordre dans le respect des textes en vigueur, pour faire entendre leur voix et revendiquer leur dignité », a insisté leur représentant.

Les griefs ne s'arrêtent pas là. Le 29 janvier 2025, la direction de Fortesa a proposé un plan de régularisation qui ne couvrait que deux mois d'arriérés (décembre 2020 et février 2021) sur une dette globale estimée à dix mois. Une offre jugée « largement insuffisante » et que les travailleurs ont formellement rejetée dans un courrier adressé au directeur Financier.

« Face à cette situation intenable, nous lançons aujourd'hui un dernier avertissement public, afin que chacun, opinion publique, autorités administratives, partenaires sociaux, prennent la mesure de la gravité du climat social qui règne à Fortesa », a conclu Sara Konaré. Il a également lancé un appel solennel à l'Inspection du Travail pour que « la loi soit appliquée dans toute sa rigueur et sa bienveillance, et que les droits des travailleurs soient respectés sans délai ». Le ton est ferme, la patience épuisée. La balle est désormais dans le camp de la direction.

Rappelons que découvert dans les années 1990, le gisement gazier de Gadiaga est exploité depuis 1997 par Fortesa, seul producteur de gaz onshore au Sénégal. En décembre 2020, une violente explosion sur le puits Gadiaga-2 a causé la mort d'un ingénieur et déclenché un incendie majeur. L'intervention de la multinationale Halliburton a été nécessaire pour maîtriser les flammes.

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