Ile Maurice: Dépréciation de la Roupie - Le PM dénonce une «gestion catastrophique»

Interpellé par le député Manoj Seeburn lors de la Prime Minister's Question Time (PMQT), mardi, sur la dépréciation de la roupie mauricienne face au dollar américain et ses répercussions sur le coût de la vie, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, n'a pas mâché ses mots. Il a attribué la situation économique actuelle à ce qu'il qualifie de «gestion catastrophique» de l'économie par le précédent gouvernement, pointant du doigt une série de décisions monétaires et budgétaires «irresponsables».

Navin Ramgoolam a rappelé qu'en décembre 2014, le taux de change moyen était de Rs 31,97 pour un dollar. En octobre 2024, ce taux avait bondi à Rs 46,64, soit une dépréciation de 46 %. Cette chute de la valeur de la roupie, a-t-il souligné, a entraîné des conséquences économiques profondes, tant sur le plan domestique qu'externe.

Sur le marché local, la dépréciation a provoqué une forte poussée inflationniste, entraînant la flambée des prix des biens et des services. L'inflation a atteint un sommet de 11,3 % en février 2023, un record depuis plus de 30 ans. Entre décembre 2014 et octobre 2024, les prix à la consommation ont grimpé de 43,3 %.

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Sur le plan extérieur, le déficit commercial s'est considérablement creusé, passant à Rs 180 milliards en 2023, soit 28,2 % du produit intérieur brut (PIB), et à Rs 207,8 milliards en 2024, équivalent à 29,9 % du PIB. Le Premier ministre a indiqué que ce déséquilibre croissant entre les importations et les exportations est en grande partie dû à la faiblesse de la monnaie nationale.

Pour Navin Ramgoolam, ces dérives résultent d'un «amateurisme flagrant» dans la gestion des affaires économiques. Il a pointé du doigt les décisions controversées de la Banque de Maurice (BoM), notamment l'impression de monnaie pour financer le déficit budgétaire et l'injection des fonds dans la Mauritius Investment Corporation Ltd. Au total, Rs 180 milliards auraient été injectées dans le système bancaire, générant un excès de liquidité atteignant Rs 90 milliards en août 2023.

Ce surplus aurait accentué la dépréciation de la roupie et alimenté l'inflation. Il a également critiqué la mauvaise gestion du taux directeur, affirmant que la BoM n'avait pas suivi les recommandations des experts. Au lieu de relever le taux pour contenir l'inflation, celui-ci a été abaissé de 4,5 % à 4,0 % en septembre 2024, creusant l'écart entre les taux d'intérêt en roupies et en dollars, ce qui a aggravé la pression à la baisse sur la monnaie nationale.

Parmi les autres erreurs stratégiques relevées, le Premier ministre a dénoncé un modèle économique axé sur la consommation et les importations, des politiques populistes fondées sur des allocations en espèces, des projets publics «éléphants blancs» et un endettement public croissant. Le déficit budgétaire et le ratio de la dette publique au PIB auraient ainsi frôlé les 90 % en juin 2025.

Face à cette situation, le gouvernement actuel affirme avoir pris une série de mesures pour restaurer la stabilité macroéconomique. Le modèle économique sera désormais orienté vers l'investissement, les exportations et l'innovation. La roupie, selon Navin Ramgoolam, s'est récemment appréciée sur les marchés internationaux et l'inflation est redescendue à 2,9 % pour la période de 12 mois se terminant en juin 2025, contre 4,5 % un an plus tôt.

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