Ouvert le 16 février 2021 devant la Chambre de première instance V de la Cour pénale internationale (CPI), le procès de deux anciens rebelles centrafricains, a connu son épilogue le 24 juillet dernier. Après donc plusieurs années de débats contradictoires sur fond d'auditions de témoins à charge et à décharge, les juges ont rendu leur verdict. Alfred Yekatom et Patrice- Edouard Ngaïssona, puisque ce sont d'eux qu'il s'agit, ont été reconnus partiellement coupables des faits qui leur sont reprochés.
En répression, ils ont été condamnés respectivement à 15 ans et 12 ans. Ils étaient poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine (RCA) entre décembre 2013 et décembre 2024, soit un peu plus d'une décennie.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la condamnation de ces deux anciens rebelles qui ont fait la pluie et le beau temps en RCA, apportera du baume au coeur des victimes et ayants droit qui n'en demandaient pas plus.
Ce n'est que Justice. Toutefois, on le sait, Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona n'agissaient pas seuls. A leurs côtés, il y avait d'autres sicaires qui, jusqu'à présent, courent les rues dans l'espoir d'échapper aux fourches caudines de la Justice. Il faudra donc que tous ces spadassins qui s'arrogeaient le droit de vie et de mort sur les autres, répondent de leurs actes.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Tôt ou tard, chacun sera rattrapé par ses propres turpitudes
Et cette traque, pour ainsi dire, de tous les anciens seigneurs de guerre en RCA, ne doit pas épargner Michel Djotodia et François Bozizé qui, inutile de le rappeler, ont été à l'origine des malheurs qu'ont subis leurs compatriotes. N'est-ce pas eux qui, dans la guerre sans merci qu'ils se livraient pour la conquête du pouvoir, ont lâché les chiens au point de dresser les musulmans et les chrétiens, les uns contre les autres ?
Ne serait-ce que pour leur responsabilité morale, ces deux anciens chefs d'Etat doivent aussi rendre des comptes. On ne saurait les absoudre à bons comptes. Mais en attendant, la condamnation d'Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona constitue une occasion de rappeler aux uns et aux autres que, tôt ou tard, chacun sera rattrapé par ses propres turpitudes.
Nul ne peut y échapper. Car, même ceux qui, pour une raison ou pour une autre, arrivent à se soustraire de la Justice des hommes, feront face à la Justice immanente qui, elle, découle naturellement des actes accomplis.
