Ce lundi matin, au siège national de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) situé à Hamdallaye dans la commune de Ratoma à Conakry, les responsables du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo - toujours hors du pays - ont tenu à exprimer officiellement leurs vives préoccupations concernant l'organisation des prochaines échéances électorales par la Direction Générale des Élections (DGE).
Dans un communiqué récent relayé par plusieurs médias, dont Africaguinee.com, l'UFDG dénonce des irrégularités persistantes, estimant que les conditions actuelles sont loin de garantir des élections crédibles et apaisées. Au centre de ces inquiétudes figurent notamment le manque de transparence dans la gestion du fichier électoral, la faible concertation avec les partis politiques majeurs, ainsi que divers problèmes techniques liés à la préparation du scrutin.
« Nous craignons une élection chaotique »
Rencontré au siège de l'UFDG, Aliou Condé, vice-président du parti chargé des affaires politiques, ne cache pas son inquiétude :
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« Ce que nous constatons sur le terrain aujourd'hui nous fait craindre une élection chaotique. La transparence promise peine à se concrétiser, le dialogue est quasiment absent. Nous lançons un appel pressant aux autorités pour éviter une nouvelle crise », a-t-il déclaré à notre micro.
Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs mois, l'UFDG, première force de l'opposition guinéenne, tire régulièrement la sonnette d'alarme auprès des autorités de transition dirigées par le Général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir après le coup d'État du 5 septembre 2021. À l'époque colonel, le président de la transition guinéenne avait été promu général de brigade dès octobre 2021, quelques semaines après avoir pris les rênes du pays, comme confirmé par plusieurs sources médiatiques et institutionnelles.
Un climat de méfiance à dépasser
Selon Kabinet Fofana, analyste politique indépendant basé à Conakry et régulièrement sollicité par les médias internationaux pour ses analyses sur la Guinée :
« Ce climat de méfiance entre la classe politique guinéenne et la DGE est hérité d'années de tensions accumulées. Il est primordial pour la DGE et les autorités de la transition de rétablir la confiance en ouvrant immédiatement des espaces de dialogue sincères et constructifs », a-t-il indiqué.
Défis majeurs pour la DGE
La nouvelle directrice générale de la DGE, Djenabou Touré, entrée récemment en fonction, hérite ainsi d'un défi considérable. Son discours d'installation se voulait rassurant, mais les attentes sont désormais fortes quant à des actes concrets. L'UFDG, de son côté, continue à demander une plus grande implication et une meilleure transparence.
Des enjeux cruciaux pour la stabilité démocratique du pays
Alors que le pays traverse une transition politique complexe, la crédibilité des prochaines élections devient déterminante pour l'avenir démocratique de la Guinée. Si les inquiétudes exprimées par l'UFDG - formation majeure de l'opposition - ne trouvent pas rapidement réponse, la Guinée pourrait se diriger vers de nouvelles tensions politiques susceptibles de fragiliser davantage le tissu social déjà éprouvé du pays.
Toutes les parties prenantes restent donc invitées à faire preuve de responsabilité et de dialogue afin d'éviter un nouveau cycle de crise électorale en Guinée.