Madagascar: Andry Rajoelina - « Les poisons extraits des plantes datura et belladone » à l'origine de l'hécatombe d'Ambohimalaza

Une émission spéciale diffusée hier sur la chaîne nationale a réuni le président de la République, les ministres de la Gendarmerie, de la Sécurité publique, de la Santé, ainsi que la procureure de la République.

Tous sont intervenus pour faire la lumière sur le drame d'Ambohimalaza, survenu le 14 juin dernier, au cours duquel 32 personnes ont perdu la vie lors d'un anniversaire devenu tragédie nationale. Durant cette émission télévisée qui a beaucoup attiré l'opinion nationale, le président de la République, Andry Rajoelina, a brisé le silence en confirmant la piste d'un empoisonnement délibéré.

« Il s'agit d'un poison extrait de plantes toxiques, le datura et la belladone, qui sont à l'origine de l'hécatombe d'Ambohimalaza. » a-t-il avancé à la télé. Le chef de l'État a affirmé avec fermeté que « l'État ne couvre aucune personne dans cette affaire » et a ajouté que ce crime aurait été motivé par la vengeance et la rancoeur au sein d'une famille.

Perpétuité

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Appuyant ces déclarations, Narindra Navalona Rakotoniaina, procureure de la République, a indiqué que « l'une des personnes suspectées a fait un aveu durant l'enquête ». La magistrate a également révélé que les suspects encourent les travaux forcés à perpétuité, la qualification pénale la plus lourde.

Elle a, par ailleurs, tenu à démentir les rumeurs persistantes concernant un prétendu départ imminent à l'étranger de Fenohasina, la jeune fille célébrant son anniversaire le jour du drame. « Fenohasina est toujours hospitalisée. Elle n'a pas été auditionnée en dehors de l'établissement de soins et ne dispose d'aucun visa vers un pays étranger », a-t-elle affirmé.

Principale suspecte

Le ministre de la Sécurité publique, Herilala Rakotoarimalala, a souligné que « la majorité des personnes présentes à cette fête appartiennent à une même famille », suggérant ainsi un mobile intra-familial au coeur de l'enquête.

De son côté, le ministre délégué à la Gendarmerie, Andry Rakotondrazaka, a indiqué que les investigations progressent vers l'identification d'une principale suspecte. Sur le plan sanitaire, le ministre de la santé publique, Zely Arivelo Randriamanantany, a écarté catégoriquement l'hypothèse d'une intoxication accidentelle.

« Il ne s'agit pas de botulisme. Cette infection résulte de la consommation de charcuterie ou de conserves, et ne provoque pas d'atteintes, aux reins, au coeur et au foie, constatées chez les victimes », a-t-il précisé. Il a également noté l'absence de diplopie, symptôme caractéristique du botulisme, chez les patients hospitalisés.

4 laboratoires

Toujours selon le ministre, les soins apportés aux survivants s'élèvent déjà à 110 millions d'ariary, et « aucune évacuation sanitaire n'est envisagée parce que l'état des patients ne s'est pas stabilisé ». Pour éclaircir les causes exactes du drame, quatre laboratoires ont été sollicités, dontl'Institut de médecine légale de Strasbourg, un laboratoire à Maurice, ainsi que deux entités malgaches, dont l'INSTN, selon ce membre du gouvernement.

À l'issue de cette émission, un message clair a été lancé par le président de la République, notamment la tolérance zéro face à ce crime odieux. « Les auteurs de cette tragédie devraient être sanctionnés sévèrement », a-t-il martelé.

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