La Guinée ne retrouvera pas encore son public. Pour la prochaine fenêtre FIFA et les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, le Syli National jouera de nouveau loin de Conakry. La rencontre face aux Fennecs d'Algérie, attendue comme un test majeur, se disputera au Maroc.
Cette situation n'est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les matchs à domicile de l'équipe nationale sont régulièrement délocalisés en raison de l'état des infrastructures sportives du pays. Le stade du 28-Septembre, autrefois symbole du football guinéen, n'est plus conforme aux normes internationales. Les promesses de rénovation se succèdent, mais les résultats tardent.
Un manque qui dépasse l'aspect technique
Jouer loin de son public n'est pas neutre. Un match à domicile, c'est plus qu'un terrain connu : c'est la proximité avec les supporters, la pression positive d'un stade acquis à la cause nationale. Pour le Syli, cette absence crée un vide. Les joueurs doivent s'adapter en permanence, sans jamais retrouver cette atmosphère unique que seule Conakry peut offrir.
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Sur le plan sportif, l'impact est réel. La Guinée possède une génération capable de rivaliser avec les grandes nations africaines. Naby Keïta, Serhou Guirassy et leurs coéquipiers évoluent dans des clubs compétitifs en Europe. Mais sans un stade homologué dans le pays, l'avantage du terrain disparaît, et avec lui une partie de l'identité de l'équipe.
Une urgence structurelle
Le problème n'est pas seulement lié à un match ou à une campagne de qualification. Il met en lumière un retard structurel. La Guinée vit pour le football, mais ses infrastructures ne suivent pas cette passion. Un stade moderne et aux normes ne servirait pas uniquement à l'équipe nationale. Il deviendrait un outil pour le développement du football local, des compétitions de jeunes aux championnats nationaux.
Les autorités ont annoncé des projets. Les supporters, eux, attendent des actes concrets. Tant que la situation ne sera pas réglée, l'équipe nationale restera contrainte à cet exil régulier, avec les conséquences que cela implique sur le long terme.
Un match symbolique face à l'Algérie
Face à l'Algérie, le Syli jouera bien plus qu'une rencontre de qualification. Ce sera un test contre une équipe expérimentée et solide, mais ce sera aussi un rappel des défis que le football guinéen doit relever en dehors du terrain.
Le Maroc, une fois encore, servira de terre d'accueil. Les supporters suivront à distance, comme ils l'ont fait trop souvent ces dernières années. Mais l'espoir reste présent : celui de revoir un jour l'équipe nationale fouler une pelouse guinéenne homologuée, devant un public entièrement acquis à sa cause.
Le football guinéen possède le talent et la passion. Il lui manque aujourd'hui l'essentiel : une maison digne de ce nom.