Cameroun: Présidentielle 2025 - Yaoundé et Douala sous haute tension le jour de la publication des candidats

Le leader d'opposition du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) Maurice Kamto
26 Juillet 2025

À quelques heures de la publication officielle de la liste des candidats à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, les villes de Yaoundé et Douala se préparent à vivre une journée marquée par une forte présence militaire. Cette montée en puissance des dispositifs sécuritaires semble directement liée à la rumeur persistante qui évoque une possible disqualification de Maurice Kamto, ex-leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), et principal adversaire du président sortant Paul Biya.

Les signes ne trompent pas : des véhicules blindés, des patrouilles renforcées et un climat de tension palpable vont s'installer progressivement dans les deux principales métropoles du pays. Les autorités évoquent des mesures de précaution sécuritaire liées à un « événement institutionnel majeur ». Mais dans les rues, les spéculations vont bon train. Beaucoup y voient une manoeuvre d'intimidation politique visant à prévenir toute contestation populaire.

Ce climat lourd s'ajoute à une actualité politique déjà marquée par des soupçons d'inégalités dans le traitement des candidatures. De nombreux observateurs nationaux et internationaux pointent du doigt une justice électorale perçue comme partielle, et une gouvernance usant des forces de sécurité comme outil de contrôle social.

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Les opposants, quant à eux, dénoncent un système verrouillé et appellent les citoyens à rester vigilants face à ce qu'ils qualifient de dérive autoritaire. Maurice Kamto, dont la candidature pourrait être recalée pour des motifs jugés administratifs, bénéficie d'un fort soutien populaire. Une disqualification pourrait provoquer une onde de choc, bien au-delà des frontières camerounaises.

Cette militarisation de l'espace public à la veille d'une échéance électorale cruciale soulève des interrogations sur l'état de la démocratie au Cameroun. Elle illustre aussi le climat d'incertitude, où chaque décision institutionnelle devient un point de rupture potentiel. En toile de fond, une jeunesse en quête d'alternance, un peuple inquiet, et une scène politique en ébullition.

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