Il est incontestable que depuis un bon bout de temps, on s'est appliqué à protéger les consommateurs, en leur offrant la possibilité de s'approvisionner dans les meilleures conditions, tout en respectant un pouvoir d'achat qui s'effrite progressivement, secoué, et mis à mal par l'augmentation des prix des matières premières, des intrants, de la main-d'oeuvre et autres considérations qui pourraient échapper au commun des observateurs.
D'une manière générale, les acheteurs aiment s'approvisionner en produits alimentaires et autres nécessités en un seul lieu.
Les marchés sont de ce fait devenus un maillon important de la chaîne de distribution qui relie le producteur au consommateur.
Le fonctionnement d'un marché de vente au détail est de ce fait influencé par l'environnement physique. Le lieu où se trouve le marché, ses environs, ses moyens de contrôle, ses possibilités d'accès, ses éventaires, ses équipements de conservation et d'emmagasinage, etc.
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Sa prise en main au niveau de l'autorité qui le dirige et les directives qu'il se doit d'appliquer sont importantes.
Un marché de vente au détail se doit de permettre au détaillant de travailler avec profit et au consommateur de se procurer ce dont il a besoin à un prix compétitif.
Dans les pays occidentaux et du Golfe par exemple, les systèmes de vente au détail ont fortement évolué et sont passés de marchés traditionnels de rues à des hypermarchés modernes, ayant une portée régionale, ou à des centres commerciaux qui fleurissent dans la périphérie des villes. Ils assurent de meilleures offres et une meilleure hygiène des produits alimentaires offerts au public.
Où en sommes-nous dans tout cela ?
Nous nous accrochons encore à un fonctionnement complètement dépassé et qui, de par la montée en puissance des intermédiaires et des spéculateurs, n'arrive plus à favoriser ces échanges qui permettent aux producteurs de vendre leurs produits à des prix qui les encouragent à produire plus, au consommateur de limiter les coûts de ce dont il a besoin.
Le même produit moins cher
La meilleure preuve, c'est qu'aux alentours de nos marchés, le même produit est vendu moins cher. Pourquoi, pourrait-on se demander ?
Parce que tout simplement, ce produit vendu dehors n'est pas sous l'emprise d'une spéculation et que le prix est imposé par celui qui voudrait vendre, en se limitant à une marge convenable et non imposée.
Actuellement, l'effet de la mise en place de la facturation électronique, censée renforcer la traçabilité, au niveau des marchés de gros, est annihilé par la foire qui se passe autour des marchés municipaux.
En effet, les vendeurs de ces marchés s'approvisionnent certes auprès des marchés de gros, mais rien que pour se munir de la facture électronique. Leurs achats ne sont jamais conformes à leurs besoins mais se font rien que pour avoir ce document, dont ils se prévalent, pour faire entrer ce que leur fournissent les spéculateurs qui à longueur de journée, grâce à une noria de camions, déversent de la marchandise dont la fraîcheur, la qualité, les conditions d'hygiène laissent à désirer.
Reprendre en main les marchés
C'est la raison pour laquelle nous avons toujours soutenu que pour soulager la pression que vit le consommateur, il faudrait que les marchés municipaux soient repris en main, organisés en espaces modernes, sécurisés, répondant aux conditions d'hygiène requis.
La marchandise qui y entre doit être contrôlée tant au niveau de sa provenance, qu'au niveau de la quantité et de la qualité.
Ce n'est pas actuellement le cas. Si on a opté pour cette formule dans les pays occidentaux et du Golfe, c'est pour justement mettre un terme à cette foire d'empoigne dont est victime le consommateur.
D'où cette nécessaire mise à niveau de nos marchés. Ce n'est pas aux services de contrôle, qui ne pourront jamais être partout, de courir derrière les intermédiaires et les spéculateurs, mais c'est aux municipalités de transformer les espaces qu'ils offrent en lieux sûrs où le consommateur est protégé. A tous points de vue.
Sans cette mise à niveau, la spéculation ne sera jamais enrayée et a encore de beaux jours devant elle. Le consommateur, tout aussi bien que le producteur, n'auront que leurs yeux pour pleurer.
D'où les questions qui se posent : pourquoi hésite t-on à moderniser nos marchés ? A qui profite cette léthargie ?