Comores: L'opposition accuse le pouvoir de vouloir remettre en cause le principe de présidence tournante entre les îles

Le Président de la République des Comores, Azali Assoumani

Aux Comores, les propos du président Azali Assoumani sur la nécessité d'un éventuel bilan des Accords de Fomboni suscitent l'inquiétude. Signés en 2001, ces accords ont mis fin à la crise séparatiste d'Anjouan et instauré un système de présidence tournante entre les îles de l'Union. Mais la perspective d'une nouvelle rencontre pour en faire le bilan, 24 ans plus tard, est perçue, côté opposition, comme une manoeuvre pour remettre en cause ce mécanisme.

Le gouvernement assure qu'il s'agit de « reconnaître les erreurs pour mieux les réparer ». Il invoque le contexte de séparatisme dans lequel ces accords avaient été signés pour justifier la nécessité d'un bilan. Pour le pouvoir, c'est un devoir de mémoire dans un pays toujours fragile avec son passé et Mayotte toujours sous autorité française.

Pour Houmed Msaidié, conseiller politique du chef de l'État, c'est un accord « qui mérite d'être revisité dans sa forme et dans le fond pour qu'on en tire le meilleur pour consolider l'unité nationale ». « Parler de réconciliation, c'est voir les blessures, voir les médicaments proposés pour guérir cette blessure, et voir comment justement se départir de ses blessures dans l'avenir », étaie-t-il.

Crainte d'une suppression de la « tournante »

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Mais pour l'opposition, cette initiative cache une tentative du président Azali Assoumani de remettre en cause la présidence tournante. Daoudou Abdallah Mohamed, leader du parti d'opposition Orange, rejette d'emblée l'idée d'une telle rencontre, estimant que le chef de l'État ne peut être juge et partie. « C'est encore une fois une manière de vouloir manipuler l'opinion nationale et internationale. Pour moi, ce n'est pas les Accords de 2001 ni la question de Mayotte. Le problème des Comores, c'est Azali lui-même. Il a un problème de légitimité, tout le monde le sait. Et aujourd'hui, il ne faut pas qu'il vienne nous raconter d'autres histoires, et vouloir tout faire pour s'éterniser au pouvoir et instaurer davantage sa dynastie », fustige-t-il.

Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour la tenue de cette future rencontre. Mais le débat, lui, est bel et bien lancé et les positions restent, pour l'instant, irréconciliables.

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