Cameroun: Présidentielle 2025 - Akere Muna dénonce une biaisée après le rejet de Kamto

Cameroun vue de la ville de Yaoundé
29 Juillet 2025

Dans un contexte électoral déjà tendu, la déclaration du bâtonnier Akere Muna, candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2025, soulève des interrogations profondes sur l'état de la justice électorale au Cameroun. En réagissant au rejet de la candidature du professeur Maurice Kamto, il alerte sur ce qu'il considère comme une dérive grave du processus démocratique.

Selon lui, cette décision ne respecte ni les faits établis ni les dispositions du code électoral, notamment l'article 121 et son paragraphe 2 qui interdit aux membres d'Élections Cameroun de recevoir des ordres d'une autorité publique ou privée. Cette disposition vise à garantir une indépendance institutionnelle sans laquelle aucune élection ne peut être considérée comme libre et crédible.

Akere Muna rappelle un principe fondamental hérité de la tradition juridique anglo-saxonne : la justice ne doit pas seulement être faite, elle doit aussi être vue comme étant faite. Cette maxime, formulée par Lord Hewart, souligne l'importance de la perception publique dans la légitimité du verdict rendu. Dans le cas présent, le rejet de Kamto, perçu comme un concurrent sérieux du pouvoir en place, donne l'image d'une justice électorale instrumentalisée.

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Ce manque de transparence suscite une crainte légitime de partialité et fragilise la confiance des citoyens envers le système. Même si la légalité est respectée en apparence, toute décision perçue comme politiquement orientée devient un poison pour la démocratie. Pour Akere Muna, le Conseil constitutionnel doit réaffirmer son autorité morale et se hisser à la hauteur de sa mission : garantir une élection juste, crédible et respectueuse des droits fondamentaux.

La crise actuelle révèle plus qu'un désaccord technique ; elle met en lumière une crise de confiance entre les institutions et le peuple. Si rien n'est fait pour corriger cette impression de deux poids deux mesures, le processus électoral camerounais risque d'entrer dans une zone grise, où la participation sera minée par le doute et l'indignation. La démocratie ne peut prospérer sans justice, et la justice, sans impartialité visible et perçue.

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