Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara (ADO), a finalement tombé le masque. Il sera candidat à sa propre succession en octobre prochain. La nouvelle est tombée le 29 juillet dernier, confirmant ce que les uns et les autres voyaient venir là où certains se faisaient encore des illusions.
ADO briguera bel et bien un quatrième mandat. Désigné déjà candidat par sa propre formation politique, en l'occurrence le Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP), il avait préféré garder le suspense pour finalement donner sa réponse au moment où on l'attendait le moins. On peut, sans risque de se tromper, dire qu'ADO a mis à profit son séjour en France pour peser le pour et le contre de sa candidature.
Et, il a finalement pris l'option qui lui paraît la meilleure en décidant de rester dans le jeu politique plutôt que de faire valoir ses droits à la retraite. Certes, la Constitution en vigueur le lui permet, mais au regard du poids de l'âge et de sa santé valétudinaire, certains pensaient qu'ADO allait renoncer au pouvoir et ce, après 15 ans de règne sans partage.
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Que nenni ! Il a choisi de marcher dans les pas de certains de ses pairs du continent tels que Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou N'guesso du Congo, Teodore Obiang Nguema de la Guinée équatoriale Paul Kagame du Rwanda, et Faure Gnassingbé du Togo, qui refusent s'imaginer une autre vie en dehors du pouvoir. Sans doute a-t-il longuement mûri sa réflexion. ADO avait pourtant toutes les raisons de ne pas céder aux sirènes des Raspoutine et autres flagorneurs qui le poussent à la roue, mais qui, en vérité, pour beaucoup d'entre eux, ne cherchent qu'à protéger leur tirelire.
Aucun sacrifice n'est de trop s'il peut contribuer à un scrutin apaisé
D'autant qu'on se rappelle, il n'y a pas longtemps, que le brave tchê, ainsi qu'on le surnomme, avait laissé entendre qu'il était temps, pour lui, d'aller vers un renouvellement de la classe politique ivoirienne. Personnellement, il s'était dit disposé à passer la main à une nouvelle génération, mais à la seule condition qu'en fassent autant ses principaux challengers que sont Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.
Maintenant que le dernier cité a tiré sa révérence et que le premier, en l'occurrence, le Christ de Mama, a été radié de la liste électorale, ADO aurait pu tenir promesse. Pourquoi alors, en a-t-il décidé autrement alors que toutes les conditions semblaient réunies pour qu'il s'en aille cultiver son jardin ? Ou alors a-t-il tout simplement cédé à la tentation du pouvoir, connue pour être une grave épidémie qui sévit sur le continent africain, et dont l'agent pathogène, très intraitable, défie encore toutes les firmes pharmaceutiques mondiales ?
Maintenant qu'il a officiellement annoncé sa candidature, on espère que ADO tentera de calmer le jeu en travaillant, à la faveur d'un compromis politique, à ramener ses adversaires que sont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et pourquoi pas Guillaume Soro, dans la course à la présidentielle. Est-il capable d'un tel supplément d'âme ? On attend de voir surtout quand on sait qu'il y a un dialogue en cours entre le parti au pouvoir et l'opposition réunie au sein de la CAP-Côte d'Ivoire, en vue d'une réforme globale du système électoral.
La première rencontre entre les deux parties a eu lieu le 16 juillet dernier et d'autres sont annoncées pour les jours à venir. En tout cas, aucun sacrifice n'est de trop s'il peut contribuer à un scrutin apaisé. Car, les Ivoiriens ont tellement souffert le martyre qu'ils ne souhaitent plus revivre les tragiques événements de 2010-2011 qui ont laissé plus de 3 000 cadavres sur le carreau.
