Ce n'est pas, à proprement parler, un événement, pour ne pas dire que c'est un non-évènement. Dans une adresse à ses compatriotes, le président Alassane Ouattara a en effet annoncé sa candidature à la présidentielle du 25 octobre 2025. Lors de son congrès en juin dernier, le RHDP l'avait investi comme son candidat naturel.
Mais alors que tous ses partisans s'attendaient à ce que, séance tenante, il leur dise oui dès la clôture du jamboree politique, il avait réservé sa réponse pour plus tard. C'est maintenant chose faite. C'est la fin d'un faux suspense dans la mesure où il ne faisait l'ombre d'aucun doute que le chef de l'Etat ivoirien repartirait pour un tour de piste. « Après mûre réflexion et en toute conscience, je vous annonce aujourd'hui que j'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle du 25 octobre 2025 », a-t-il déclaré ce mardi 29 juillet.
« Notre pays fait face à des défis sécuritaires, économiques et monétaires sans précédent dont la gestion exige de l'expérience », a-t-il expliqué avant d'indiquer qu'il a la « santé » pour un nouveau mandat qui « sera celui de la transmission générationnelle ».
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Certes, il avait promis, comme lui-même l'a relevé dans son allocution, de passer la main à une nouvelle génération. « En mars 2020, j'avais décidé de transférer le pouvoir à une jeune génération... Je tiens aussi à la parole donnée...Toutefois, le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », s'est-il justifié. C'est au regard de cela qu'il fait de nouveau don de sa personne dans l'intérêt supérieur de la Nation. Et de préciser que toutes les conditions d'une « élection apaisée et transparente » sont réunies.
Maintenant donc qu'« après mûre réflexion et en toute conscience » il a décidé de briguer un quatrième mandat, malgré ses assurances renouvelées, il faut espérer que la présidentielle d'octobre se déroule effectivement dans le calme et la sérénité. Cela d'autant que pendant qu'Alassane Ouattara à 83 ans rebelote, la plupart de ses adversaires sont hors-jeu pour diverses raisons.
Ainsi de Gbagbo et de Soro, sous le coup de condamnations judiciaires qui ont entraîné leur retrait de la liste électorale ou de Tidjiane Thiam pour double nationalité. En vérité, on se demande s'il est bien sage pour Alassane Ouattara, malgré le bilan flatteur dont il se gargarise, de jouer un match qui pourrait se révéler celui de trop.
C'est à croire que lui également comme tant d'autres sur le continent sont gagnés par le syndrome d'hubris au point de s'accrocher au fauteuil présidentiel qui ressemble plus à un trône qu'à autre chose.
La réaction de l'opposition après cette annonce désormais officielle donnera sans doute des indications sur ce que pourrait être la température sociopolitique sur les bords de la lagune Ebrié dans les semaines et les mois à venir.