Ouattara confirme sa candidature pour un 4ᵉ mandat : vers une Côte d'Ivoire sous tension ?
À 83 ans, le président ivoirien Alassane Ouattara a officiellement annoncé sa candidature pour un quatrième mandat à la présidentielle du 25 octobre 2025. Dans un discours bref mais solennel, le chef de l'État, au pouvoir depuis 2011, a justifié sa décision par la nécessité de faire face à des défis sécuritaires, économiques et monétaires jugés « sans précédent ».
Réélu en 2020 avec plus de 94 % des voix lors d'un scrutin marqué par une révision controversée de la Constitution, Ouattara s'appuie désormais sur cette même Constitution qui l'autorise à briguer un nouveau mandat. « Ma santé le permet », a-t-il souligné, tout en rappelant son engagement à « servir la Côte d'Ivoire, la protéger et veiller à l'unité nationale », malgré la tension que suscite cette candidature aux yeux de nombreux observateurs.
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L'annonce intervient dans un contexte politique délicat, marqué par l'absence des principaux leaders de l'opposition, certains exilés ou empêchés, ce qui renforce la position de favori du président sortant. Toutefois, ce choix soulève des inquiétudes quant à la stabilité du pays, déjà fragilisé par des crises successives.
La perspective d'un quatrième mandat d'Alassane Ouattara ravive les craintes d'instabilité, voire de coup d'État, en particulier à la lumière de la situation récente en Guinée voisine. En 2021, le président Alpha Condé, lui aussi réélu pour un troisième mandat controversé, a été renversé par un putsch militaire, illustrant les risques encourus par les dirigeants africains qui cherchent à prolonger leur pouvoir au-delà des normes constitutionnelles traditionnelles.
Dans ce climat tendu, la Côte d'Ivoire devra naviguer entre la nécessité de stabilité et la pression populaire en faveur d'une alternance politique. Le scrutin d'octobre 2025 s'annonce donc comme un test majeur pour la démocratie ivoirienne et pour la région ouest-africaine, où les questions de gouvernance et de respect des règles constitutionnelles restent plus que jamais au cœur des débats.