Plus de six citoyens sur 10 ont dit que la pollution est un problème grave dans leur communauté.
Key findings
- Plus de six Burkinabè sur 10 (62%) ont affirmé que la pollution dans leur communauté est « un peu grave » ou « très grave ».
- Pour les répondants, la déforestation (24%), suivie de l'élimination des déchets (21%), la pollution des sources d'eau (19%) et l'assainissement (18%), sont les quatre problèmes environnementaux les plus importants dans le pays.
- Huit citoyens sur 10 (81%) ont estimé que les sacs plastiques sont une source majeure de pollution au Burkina Faso.
- La majorité (57%) des Burkinabè ont affirmé que ce sont les citoyens ordinaires qui devraient avoir la responsabilité principale de réduire la pollution et de garder leur communauté propre. En revanche, un tiers ont déclaré que ce rôle incombe au gouvernement national (21%) ou local (12%).
- La majorité des citoyens ont désapprouvé la performance du gouvernement dans la réduction de la pollution et la protection de l'environnement (59%) et ont estimé qu'il devrait faire « un peu plus » ou « beaucoup plus » qu'il ne fait actuellement (77%).
- En matière d'exploitation des ressources naturelles dans leur voisinage, seule une légère majorité (51%) des Burkinabè ont estimé que les avantages dépassent les coûts environnementaux. Moins de la moitié ont déclaré que les citoyens ont voix au chapitre des décisions prises (43%) ou que les communautés locales reçoivent une juste part des revenus (41%). En revanche, une large majorité (77%) ont plaidé pour un renforcement des réglementations environnementales.
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Pays sahélien exposé aux multiples défis liés aux changements climatiques et à la dégradation de l'environnement, le Burkina Faso s'est engagé à renforcer la protection de l'environnement. A travers ses plans nationaux de développement économique et social, il promeut une économie verte, sobre en carbone, résiliente et inclusive (Burkina Faso, 2021).
Pour concrétiser cet engagement, le gouvernement prévoit de mieux intégrer les enjeux environnementaux, climatiques et de durabilité dans la programmation de ses politiques publiques et leur budgétisation. Il s'agit aussi de réviser et d'appliquer plus rigoureusement les cadres juridiques existants (Burkina Faso, 2024). Ces efforts sont d'autant plus nécessaires que l'exploitation minière industrielle et artisanale, bien qu'importante pour l'économie nationale et les revenus locaux, entraîne des impacts environnementaux préoccupants.
Parmi les impacts majeurs figurent la déforestation et la dégradation des sols, conséquences de l'ouverture anarchique de sites miniers et du défrichement intensif des terres (Boureima, 2021). La pollution des ressources en eau est également préoccupante, en raison de l'utilisation de produits chimiques toxiques comme le mercure dans l'orpaillage et le cyanure dans les opérations industrielles, qui contaminent les rivières et les nappes phréatiques (Kaboré, 2023).
A cela s'ajoute la pollution de l'air causée par la poussière, les fumées et les émanations de produits chimiques, exposant les populations riveraines à des risques accrus de maladies respiratoires (Bohbot, 2017). De nombreux sites artisanaux sont par ailleurs abandonnés sans réhabilitation, laissant des terres dégradées, des résidus toxiques et des dangers physiques pour les populations et le bétail (Sawadogo & Sawadogo, 2025). Enfin, la destruction des habitats naturels dans les zones d'exploitation met en péril la biodiversité locale, avec des conséquences durables sur les écosystèmes (Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 2016).
La présente dépêche rend compte d'un module d'enquête spécial inclus dans le questionnaire Afrobarometer Round 9 (2021/2023) pour explorer les expériences et les perceptions des Africains sur la gouvernance environnementale et l'extraction des ressources naturelles.
Selon les résultats, la majorité des Burkinabè ont affirmé que la pollution est un problème grave dans leur communauté. La déforestation, la mauvaise gestion des déchets, la pollution des sources d'eau et l'assainissement insuffisant ont été classés en tête des problèmes environnementaux du pays par les répondants. Les sacs plastiques ont été largement perçus comme un fléau.
Face à ces défis, la majorité des répondants ont estimé que la responsabilité première de garder les communautés propres revient aux citoyens eux-mêmes, même si une part non négligeable renvoie cette mission aux autorités nationales ou locales. Toutefois, les attentes envers les autorités restent élevées. La majorité des citoyens ont désapprouvé les efforts du gouvernement en matière de protection de l'environnement et ont souhaité qu'il en fasse davantage.
En ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles à l'échelle locale, les avis sont partagés. Seule la moitié des citoyens ont estimé que les bénéfices dépassent les impacts environnementaux. Moins de la moitié ont jugé que les citoyens sont réellement impliqués dans les décisions ou que les communautés profitent équitablement des revenus générés. Une nette majorité de Burkinabè ont appelé toutefois à renforcer la réglementation pour mieux encadrer cette exploitation.
Augustin Loada Augustin Loada, professor of public law and political science, is the general coordinator of the Afrobarometer survey in Burkina Faso.