Le respect des institutions est un principe que les autorités camerounaises évoquent avec insistance, en particulier les figures du RDPC. Pourtant, au-delà des discours convenus, les faits récents révèlent une réalité profondément contradictoire. À quelques mois de l'élection présidentielle d'octobre 2025, le fonctionnement des organes censés garantir l'équité démocratique interroge et alimente une défiance croissante dans l'opinion publique.
L'anticipation médiatique de la liste des 13 candidats retenus pour le scrutin présidentiel en est une illustration flagrante. Deux jours avant son officialiasation par le Conseil électoral d'ELECAM, le document circulait déjà dans les sphères proches du pouvoir. Ce dysfonctionnement met en lumière une instrumentalisation d'un organisme censé être impartial, mais dont les actes trahissent un positionnement partisan. Cette fuite, loin d'être anodine, révèle une mécanique bien huilée qui érode les fondements de la crédibilité institutionnelle.
Le traitement réservé aux partis politiques n'échappe pas à cette logique. Le cas du RDPC ne soulève aucun obstacle concernant la lettre d'investiture de son candidat. À l'opposé, le MANIDEM, bien que régulièrement convié aux réunions de concertation par ELECAM, se heurte à des résistances procédurales pour des motifs qui paraissent arbitraires. Cette asymétrie fragilise l'image de neutralité que les institutions prétendent incarner.
L'hostilité affichée à l'égard de la diaspora camerounaise, souvent accusée de ternir l'image du pays, contraste avec la réalité des pratiques internes. Le monde entier observe un système où l'absence du principal opposant est justifiée par des motifs contestables, et où des modifications douteuses sur le site du MINAT permettent de remplacer le nom du président légitime du MANIDEM. Ces faits renvoient une image préoccupante d'un pays où la manipulation institutionnelle devient la norme.
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Loin d'une opposition caricaturale entre patriotes et détracteurs, ce qui se joue actuellement au Cameroun est une perte progressive de confiance dans les mécanismes régulateurs de la vie démocratique. Les institutions ne se défendent pas par des slogans, mais par l'exemplarité de leur fonctionnement. Toute autre voie affaiblit le socle républicain et éloigne le pays des standards de transparence et de justice attendus à l'international.