Tchad: Les juges changent les chefs d'inculpation de l'ex-Premier ministre Succès Masra en pleine audience

Opposant tchadien Succès Masra

Au Tchad, les juges de la chambre d'accusation ont renvoyé mercredi 30 juillet le dossier de Succès Masra devant la chambre criminelle. L'ancien Premier ministre et président du parti les Transformateurs, détenu depuis le 16 mai, était jusqu'alors accusé d'« incitation à la révolte et à la haine », ainsi que de complicité dans des violences intercommunautaires survenues à Mandakao en mai dernier. Mais il est désormais accusé de « diffusion des messages de nature raciste et xénophobe », d'« assassinat », ou encore d'« associations de malfaiteurs ».

Dès le début l'audience, les juges de la chambre d'accusation ont décidé de joindre le dossier de Succès Masra à ceux des 27 inculpés du massacre de Mandakao, alors qu'ils étaient jusqu'alors séparés.

Les avocats refusent, expliquant l'impossibilité de plaider pour des affaires auxquelles ils n'ont pas eu accès au préalable et quittent la salle. « Aucune plaidoirie, le fond du dossier n'a pas été discuté et les juges ont délibéré entre eux sans contradictoire », explique Sitack Yambatina Beni, vice-président des Transformateurs.

Ce dernier s'interroge : « le procureur général a pris ses fonctions vendredi et n'est même pas à Ndjamena, comment cette audience a-t-elle pu avoir lieu ? »

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Maître Saïd Larrifou, l'un des avocats de Succès Masra, dénonce une décision « dénuée de tout fondement juridique ». Pour lui, il s'agit d'une « poursuite arbitraire prononcée à l'avance dans les couloirs du pouvoir ».

De son côté, Gassim Cherif, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, dit condamner fermement ces propos qu'il juge « outranciers, irresponsables et inexcusables ». Il estime que l'avocat de Succès Masra « jette l'opprobre » sur une justice tchadienne « indépendante de toute ingérence politique ».

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