Tunisie: L'ARP croule sous les initiatives législatives - Quand les Tunisiens décident de prendre leur destin en main

30 Juillet 2025

Dans la foulée de la flamme militante que le Président Kaïs Saïed a réussi à raviver chez les Tunisiens, les députés multiplient les initiatives législatives qui donneront forme à la tant rêvée révolution législative. Et les élus de la nation de souligner qu'ils vont persévérer dans la proposition de toutes les lois manquantes dont la Tunisie a encore besoin

Il fut une époque où, chaque matin, les Tunisiens et les Tunisiennes se réveillaient face à une multitude d'initiatives politiques dont l'objectif était de réformer le système politique adopté à l'issue de la révolution de la liberté et de la dignité, de recouvrer les fonds spoliés et déplacés à l'étranger par les caciques du régime déchu du président Zine El Abidine Ben Ali, de vendre au profit des caisses de la trésorerie générale les biens confisqués et aussi les biens mobiliers et les vêtements et accessoires saisis dans le palais du président défunt, etc.

Et les Tunisiens attendent toujours les résultats auxquels ont abouti toutes ces initiatives et forment encore, quatorze ans après l'avènement de la révolution, l'espoir de voir restitués à l'Etat les milliers de milliards cachés dans les banques européennes et aussi celles du Golfe arabe et de l'Amérique latine.

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Sauf que ces institutions font toujours la sourde oreille aux requêtes tunisiennes et aux révélations fracassantes que le député Badreddine Gammoudi (du parti Echaâb) livre aux Tunisiens chaque vendredi soir sur la chaîne Al Janoubia en jurant détenir les preuves irréfutables sur la véracité des grandes sommes d'argent que la Tunisie est en droit de récupérer le plus facilement au cas où les autorités donneraient suite à ses déclarations.

Malheureusement, le député refuse de mettre les preuves qu'il détient à la disposition de la justice et attend indéfiniment un appel du gouvernement afin que les milliers de milliards nous reviennent et que les corrupteurs et les corrompus reçoivent les sanctions pénales qu'ils méritent.

Aujourd'hui, avec l'avènement du processus du 25 juillet et l'inertie qui a frappé les partis politiques qui se sont retrouvés dans l'impossibilité de tenir un meeting populaire une semaine sur deux et qui se contentent de communiqués laconiques de quelques phrases à l'occasion d'une fête nationale ou religieuse ou à l'occasion d'un incident footballistique, on assiste désormais à un nouveau phénomène qui va crescendo de jour en jour.

Il s'agit de l'inflation grandissante des initiatives législatives essaimant à un rythme soutenu au sein de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) où le bureau directeur piloté par le Doyen Brahim Bouderbala reçoit quotidiennement un projet de loi déposé par un groupe de députés (d'au moins 10 et le plus souvent d'au moins 15 députés) lui demandant de faire passer une initiative législative sur, à titre d'exemple, l'octroi aux Tunisiens le droit d'importer une voiture sans payer d'impôts (c'est-à-dire de priver l'Etat des impôts qui lui reviennent à chaque opération d'importation d'une voiture) ou l'organisation de la Cour constitutionnelle comme prévu dans la Constitution du 18 août 2022 ou enfin la promulgation d'une loi qui met fin aux actes de braquage et prévoit une peine de 15 ans de prison ferme à l'encontre des braqueurs.

Encore deux initiatives législatives déposées au cours de la semaine écoulée

La première concerne le recrutement immédiat des détenteurs de doctorat et la deuxième a trait à la création du système de la retraite anticipée au profit des femmes exerçant dans le secteur privé à condition de se prévaloir d'une expérience d'au moins trente ans.

Encore plus remarquable: les déposants des initiatives législatives en question exigent que leurs propositions bénéficient d'un examen accéléré de la part du bureau de l'Assemblée et demandent qu'elles soient examinées et votées lors d'une séance plénière extraordinaire qui se tiendra avant le 1er août prochain, premier jour des vacances parlementaires, ou le cas échéant lors d'une séance plénière exceptionnelle qui se tiendra en août 2025. L'objectif est que, comme le soulignent les députés du groupe, «le peuple triomphe», que les titulaires de doctorat puissent être répartis sur les universités bien avant que la prochaine année universitaire ne démarre en septembre prochain.

Il reste à savoir comment le gouvernement va réagir à ce flot d'initiatives législatives, et il est légitime de se poser la question suivante: est-ce que les députés auteurs de ces initiatives savent combien coûteront au budget national ces propositions au cas où elles se transformeraient en lois applicables dans les délais définis par ces mêmes initiateurs ?

Pour ceux qui mettent en doute la bonne foi des députés auteurs des initiatives indiquées, avançant qu'il s'agit en réalité d'une action d'éclat, il est légitime de leur opposer la réplique suivante: quand seront-ils libérés de cette gangrène qui les mine depuis qu'ils ont été balayés du pouvoir grâce à la prise de conscience par les Tunisiens patriotes, guidés par le Président Kaïs Saïed, qu'ils ont l'obligation de bâtir par eux-mêmes leur avenir, souverainement, librement et démocratiquement ?

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